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Mémoire du Paraguay: Roa Bastos acheve sa trilogie sur le « monotheisme dupouvoir » avec les années Stroessner

30 marzo, 2011

Le Procureur (El Fiscal). Augusto Roa Bastos. Traduit de l’Espagnol (Paraguay) par François Maspero, Seuil, 365 p., 150 F.

Sans Augusto Roa Bastos, le Paraguay aurait perdu sa mémoire. II appartient a cette lignée de créateurs dont la vie et Fceuvre battent a Funisson avec l’histoire de leur pays. Il a tout vu, il a tout vécu, notamment la guerre du Chaco – de 1932 a 1935, a laquelle il participa alors qu’il avait quinze ans. Ver el artículo original

Une guerre, par Boliviens et Paraguayéns interposés entre la Standard Oü et la Royal Dutch Shell pour une región désertique: deux cent mille morts… et pas une goutte de pétrole! Influencé par les conteurs paysans et en rusionnant le guarani, langue des vaincus, avec le castillan, Roa Bastos exprimait dans Fz’/s d’homme (Seuil, 1995) le monde violent, grotesque, baroque, d’un pays que les jésuites avaient baptisé «le royaume de Dieu sur la terre ».
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C’est avec la méme écriture -«avec mon sang», dira-t-il-, que Roa Bastos présentait, dans Mol le Supréme (Seuil, 1993), la personnalité contradictoire du docteur Francia, despote éclairé du Paraguay entre 1814 et 1840. Cet Enver Hodja du Cóne sud a sauvegardé l’indépendance de son pays en le faisant vivre dans une autarcie a peine tempérée par la contrebande. Dans ce cri d’indignation et d’amour adressé a un peuple réduit au silence, Roa Bastos montrait que le danger de tout absolutísme reside moins dans ses múltiples usurpations et autres impostures que dans le fait qu’il oriente, monopolise, truque ou ampute le bagage mythique qui constitue le fond méme de la mémoire collective.

Ces deux livres, obstinément müris, travaillés et retravaillés pendant une quinzaine d’années chacun, sont les deux premiers volets d’une trilogie sur le « monotheisme du pouvoir». L’auteur n’avait fait que « copier ce qui a été dit et composé par autrui», son oeuvre n’étant «ríen d’autre qu’un de ees livres qu’écrívent les peuples ».

Le Procureur se situé dans les derniéres années de Stroessner. Ainsi, la trilogie embrasse toute rhistoire du Paraguay. Le texte comporte deux parties, la premiére se déroule en Europe, la seconde au Paraguay, n’est écrit par Félix Moral, pseudonyme d’un professeur paraguayen exilé en France, qui parle de son impossible retour au Paraguay. En paralléle, le narrateur raconte les avatars du grand-pére de Fauteur. La biographie de Moral est calquée sur celle de Roa Bastos: journaliste, exilé politique, professeur dans une université française.

Tout au long du récit, le passé de l’un et le présent de Fautre s’entremélent au point que Roa Bastos devient le principal personnage du roman.

Mais il faut un certain ton pour bien parler de son alter ego; plus du tout le ton du moi, mais bien celui de Fautre. Et de toute évidence, si les remarquables dons de conteur de Roa Bastos luí ont été legues pour révéler les soufírances d’un peuple, ils sont inopérants lorsqu’il s’agit, par exemple, de décrire l’impuissance du professeur ou l’émerveillement érotique d’un Latino-Américain européanisé et octogénaire en découvrant les délices du nombril au miel.

Dans une courte note introductive, Roa Bastos prévient qu’il avait écrit une premiére versión de ce román au cours des derniéres années de Stroessner. En 1989, une insurrection renversa le dictateur. Considérant que le sujet était hors de propos, Roa Bastos decide de le détruire.

«En quatre moisy ajoute-t-il, une versión totalement différente a surgí de cette mutation.» Une telle légéreté confirme, s’il en était besoin, que le temps n’épargne pas ce qui se fait sans luí.

Ramón Chao. Le Monde des livres. 28/11/1997

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