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Van Gogh, Vincent.

6 febrero, 2012

Né en 1853 à Groot Zundert, dans le Brabant, son père Théodore exerçait la fonction de pasteur. Sa mère, Anna Cornelia Carbentus, était la fille d’un relieur de la cour. Aîné de six enfants – mais précédé par un autre garçon, prénommé lui aussi Vincent, qui ne vécut pas –, doué d’un tempérament de «rêveur», Van Gogh semble avoir connu, dans ce milieu digne et religieux, une jeunesse des plus moroses et souffert très tôt de graves problèmes d’identité: «Non seulement, rapporte sa sœur Elisabeth, ses proches étaient pour lui des étrangers, mais il était encore étranger à lui-même.»

Bien qu’il ait manifesté dès l’enfance des dispositions pour le dessin, Vincent ne s’est engagé dans la peinture qu’à l’âge de vingt-sept ans, après une série d’expériences professionnelles et humaines qui furent pour lui autant d’impasses. Sur les dix années qui lui restaient à vivre, huit environ peuvent être considérées, en dépit de la qualité des œuvres qui en émanent, comme une période d’apprentissage, de découvertes et de maturation où les influences extérieures jouent un rôle déterminant.

Ce temps est aussi celui où Van Gogh commence à sortir de l’anonymat: en janvier 1890 un article d’Albert Aurier, paru dans le Mercure de France, souligne pour la première fois l’importance de ses recherches, et, un mois plus tard, l’un de ses tableaux,La Vignerouge, exposé au Salon des XX à Bruxelles, est acquis pour 400 francs par le peintre Anna Boch.

Revenu à Paris en mai, pour voir Théo, sa femme et leur fils nouveau-né, Van Gogh est accueilli quelques jours plus tard à Auvers-sur-Oise par le Dr Gachet, ami de Cézanne et des impressionnistes. Le climat paisible des lieux et l’affection qui l’entoure lui permettent de se consacrer une fois encore à ses thèmes de prédilection: portraits et paysages . Si sa touche demeure fébrile et mouvementée, son coloris acquiert, sous la lumière d’Île-de-France, un regain de vivacité et de fraîcheur (L’Escalier d’Auvers, juin 1890; Saint Louis City Art Museum). La trève est cependant de courte durée: lorsque Théo lui fait part de son désir de rejoindre la Hollande, Vincent se sent de nouveau abandonné; sa vision, tout à coup, devient confuse, l’identité même de ses sujets se perd (Le Champ de blé aux corbeaux, juill. 1890; Rijksmuseum V. Van Gogh, Amsterdam). Le 27 juillet, égaré dans les champs, il se tire une balle en pleine poitrine. Il meurt le 29 juillet.

À Paris dans les années 18861887, il fréquente un moment l’académie du peintre Cormon, où il fait la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec, de Louis Anquetin et d’Émile Bernard. Il rencontre également, par l’intermédiaire de son frère, presque tous les impressionnistes, en particulier Georges Seurat et Camille Pissarro, ainsi que Paul Gauguin. Dans la boutique du Père Tanguy, il devient l’ami de Paul Signac. Sous l’influence des estampes japonaises, ses compositions acquièrent peu à peu davantage de liberté et d’aisance, tandis qu’il s’essaie à la technique de l’aplat coloré. Pissarro l’initie également aux théories nouvelles sur la lumière et au traitement divisionniste des tons. La palette de l’artiste s’enrichit alors de couleurs vives et sa touche s’anime et se fragmente, ceci grâce également à Signac avec qui il travaille en 1887. C’est une période très fertile où son art s’oriente vers l’impressionnisme mais l’absinthe et la fatigue aggravent son état mental.

Il n’a encore jamais entendu parler des impressionnistes, qui à cette époque triomphent. Rappelons que l’année 1886, où il arrive à Paris, est celle de la dernière exposition impressionniste. Il prend la route de Paris dans l’intention de peindre; son frère Théo qui dirige la succursale parisienne de Goupil depuis 1880 vient le rejoindre.
L’allure de « Vincent le hollandais », son étonnante manière de peindre fait sensation, comme à Anvers. Il y rencontre des peintres dont les plus originaux s’intéressent à lui, ce curieux personnage: Anquetin, Émile Bernard et l’aristocrate, portant un buste arrogant sur des jambes de nain, le comte Henri de Toulouse-Lautrec. Par l’intermédiaire de son frère, il rencontre presque tous les impressionnistes, en particulier Seurat et Pissarro, ainsi que Gauguin. Dans la boutique du célèbre Père Tanguy, marchand de tableaux, sous l’égide des œuvres de Cézanne, il se lie d’amitié avec Signac. En compagnie de Toulouse-Lautrec il fait connaissance des cafés de Montmartre à la place Clichy. Il expose dans un Cabaret ” le Tambourin” sur le boulevard de Clichy que dirigeLa Segatory. Elle devient sa maîtresse, mais l’aventure est de courte durée qui finit par une bagarre avec le protecteur de la jeune femme. Au cours de la bagarre des toiles disparaîtront.

Van Gogh a eu une influence sur les peintres fauves en montrant une palette de couleurs remarquable, notamment dans sa période arlésienne. Durant cette période, van Gogh n’hésite plus à employer des couleurs vives et des juxtapositions de tons non conventionnelles avec, en particulier, l’usage des teintes complémentaires. Par cette utilisation de couleurs flamboyantes, van Gogh a été une des sources d’inspiration de plusieurs peintres fauves tels que De Vlaminck ou Derain. Ainsi, lorsque l’on observe les œuvres fauves, on retrouve les mêmes dispositions de couleurs que chez van Gogh, comme par exemple, dans la Partie de campagne ou La Seine à Chatou de De Vlaminck, la proximité du rouge et du vert.
Son art enregistre alors des progrès très rapides: dans un premier temps, l’admiration qu’il voue au Marseillais Monticelli, mort en 1886, l’amène à éclaircir son coloris pour peindre une série de petits tableaux de fleurs aux nuances rares (panier de pensées musée van Gogh, d’Amsterdam). Peu à peu, sous l’influence des estampes japonaises, ses compositions acquièrent davantage d’aisance et de liberté, en même temps qu’il s’essaye à la technique de l’aplat coloré (Nature morte aux citrons, 1887; Rijksmuseum V. Van Gogh). Sa palette s’enrichit de couleurs vives, sa touche s’anime et se fragmente – rejoignant parfois le graphisme de ses dessins: les vues de Montmartre et des environs de Paris qu’il exécute durant cette période tranchent sur le reste de son œuvre par une gaieté et une fraîcheur qui méritent d’être soulignées (Intérieur de restaurant, été 1887; musée Kröller-Müller, Otterlo).

Le 19 février 1888, Théo et Vincent se séparent à la gare de Lyon; Vincent est en route pour Arles << .. Par les ténèbres vers la lumière>> dira Vincent.La véritable personnalité artistique de Van Gogh va se dessiner subitement ,pour s’affirmer au contact de la lumière du Midi, lors de son installation en Arles; En deux ans, et à travers quelque trois cent cinquante tableaux (sur un peu plus de sept cents au total), Vincent va devenir l’une des figures majeures de l’histoire de la peinture, le précurseur, notamment, des fauves et de l’expressionnisme.

Vincent trouve la Provencesous la neige, mais bientôt sous les coups furieux du mistral, le ciel nettoyé laisse briller un soleil d’éclat; << C’est le Japon>> écrit Van Gogh aux amis de Paris. Ce séjour à Arles est pour Vincent l’occasion d’une découverte essentielle: celle de l’éblouissement solaire du Midi, qui, en imposant à sa palette une plus grande intensité de tons et en lui suggérant des accords chromatiques d’une puissance inédite, va transmuer toutes les données de son art.
Quelques semaines plus tard, les vergers sont en fleurs. Il se sent revivre. A Arles, il y trouve des teintes vives et pures de la campagne. Il peint sans relâche, traduisant la nature sous son visage printanier; arrive l’été, il passe des journées entières en plein soleil, bourrant ses toiles de lumière et d’or qui l’aveuglent. Ses toile sont des symphonies de jaune et de bleu. Le jaune règne partout; c’est la couleur du soleil de la lumière et de la vie. Il se sent renaître.

Van Gogh est accueilli quelques jours plus tard à Auvers-sur-Oise par le Dr Gachet, ami de Cézanne et des impressionnistes. Le climat paisible des lieux et l’affection qui l’entoure lui permettent de se consacrer une fois encore à ses thèmes de prédilection: portraits et paysages. Si sa touche demeure fébrile et mouvementée, son coloris acquiert, sous la lumière d’Île-de-France, un regain de vivacité et de fraîcheur
La trêve est cependant de courte durée: lorsque Théo lui fait part de son désir de rejoindre la Hollande, Vincent se sent de nouveau abandonné;
A lire : Vincent van Gogh, (Traduit du néerlandais par Louis Roëdland) Lettres à son frère Théo, Édition l’imaginaire Gallimard

Dieter Beaujean, Vincent van Gogh : vie et œuvre’, Könemann 1999, (ISBN 3829029381)

Kathleen Powers Erickson, A la porte de l’Éternité : La vision spirituelle de Vincent van Gogh, 1998, (ISBN 0802849784)

Violaine Küss, Le batave du petit boulevard, Éditions Texte & Prétextes/Je Médite-Éditeur, (ISBN 0613163526)

Jean-Clet Martin, Van Gogh, L’œil des choses, Éditions Les Empêcheurs/Seuil

José Féron Romano, Van Gogh, la course vers le soleil, Éditions du Jasmin

Ken Wilkie, A la recherche de Van Gogh, 1991

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Du libre inédit « Ces métèques qui ont fait la France », de Ignacio Ramonet et Ramón Chao

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