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Cuba: 1898 –1961-1962

14 febrero, 2012

Map de Baie des cochons dans Google maps

Dans la seconde moitié du XIXe siècle la Fédération des États-Unis d’Amérique prend sa forme définitive, mais elle ne peut limiter là son avidité. Son regard s’oriente alors vers les Caraïbes.

A l’Académie militaire de Washington, le major-général Smedley Butler, qui est à la tête de bien des interventions militaires US au début du XXe siècle fait une relation brutale de ce qu’il avait entrepris :  « J’étais un racketteur au profit du capitalisme. Cela fait 33 ans que je sers chez les Marines et il n’y a pas une méthode utilisée par les gangsters que nous n’ayons utilisée et perfectionnée. Eux utilisent des voyous pour faire peur et éliminer, nous, nous sommes les voyous, les hommes de main du “Big Business”, de Wall Street et des Banques. J’ai fait le coup de poing contre le Honduras pour le compte des Compagnies fruitières en 1903. J’ai racketté le Mexique et Tampico pour le compte d’American Oil en 1914. J’ai fait le coup de feu à Haïti et Cuba pour que les gars de la National City Bank puissent y ramasser le pognon. J’ai secoué et vandalisé une demi-douzaine de pays d’Amérique Centrale pour qu’ils se soumettent au racket de Wall Street. J’ai nettoyé à la sulfateuse le Nicaragua pour le compte de Brown Brothers en 1912. J’ai foutu le feu à la République Dominicaine pour American Sugar. En Chine j’ai fait le garde du corps pour Standard Oil et j’ai éliminé ceux qui couinaient. Comme le disent les gars d’Al Capone, j’avais une bonne petite affaire… d’ailleurs, Al Capone est un minable comparé à l’US Army. Lui contrôlait au mieux trois districts de Chicago, nous, nous contrôlons et rackettons trois continents ! »

Depuis l’entrée de la Californie dans l’Union, l’équilibre est rompu en défaveur des états esclavagistes du sud. Ceux-ci, afin de garantir la symétrie antérieure, intégreraient volontiers Cuba alors colonie esclavagiste de l’Espagne. Ajouté à cela le risque de contagion de la révolution haïtienne, les États-Unis sont impatients d’étendre leur sphère d’influence sur Cuba.

Stephen Grover Cleveland ( 1837 - 1908) vigésimo segundo (1885–1889) y vigésimo cuarto (1893–1897) Presidente de los Estados Unidos.

L’île représente un enjeu que le Président Grover Cleveland (1885-1889) résume ainsi : « On estime raisonnablement qu’au moins trente à cinquante millions de dollars de capitaux américains sont investis à Cuba dans les plantations, les chemins de fer, les mines et autres activités. Le volume des échanges commerciaux est passé de 64 millions de dollars en 1889 à environ cent trois millions de dollars en 1893 ».

En 1848, l’Espagne refuse l’offre d’achat faite par James Knox Polk, Président des États-Unis. Les esclavagistes financent alors une tentative extérieure de libération de Cuba.

Puis lors de « la guerre de Dix Ans », première guerre d’indépendance cubaine (1868-1878), le Président Ulysses S. Grant envisage d’appuyer les insurgés cubains. Ces deux tentatives s’avèrent être des échecs.

Si les préoccupations des hommes d’affaires rejoignent celles des politiciens, les opinions sont partagées concernant les méthodes. Une guerre détruirait les infrastructures et interomperait la production. Certains encouragent la politique de « la porte ouverte » comme une alternative à système colonial traditionnel. Les expansionnistes purs et durs doivent convaincre les tenants d’un nouveau type d’impérialisme. Pendant ce temps, les impôts excessifs, la dureté du régime militaire renforcent les Cubains dans leurs velléités d’indépendance.

En février 1895 le Parti Révolutionnaire Cubain, fondé en 1892, relance une guerre d’indépendance plus violente et mieux organisée que la précédente car financée par des fonds provenant des États-Unis.

Le dirigeant du Parti Révolutionnaire Cubain, José Marti, est un homme charismatique. Il s’emploie depuis plus de dix ansà constituer un réseau de communication entre les exilés cubains aux États-Unis. Il organise des collectes de fonds et une campagne d’information. Celle-ci est relayée par la presse qui s’engage dans une concurrence féroce. C’est à celui qui publierait les nouvelles les plus sensationnelles sur les atrocités commises à Cuba par l’Espagne. On provoque ainsi un climat de passion dans l’opinion publique qui ajoute de l’eau au moulin des partisans de l’intervention.

Pour certains, dont Théodore Roosevelt et Cabot Lodge sont les plus brillants porte-parole, la situation est simple : Cuba entre des mains étrangères représente une menace. Il faut en expulser les Espagnols. Attendre trop longtemps fait courir le risque de voir les révolutionnaires cubains gagner seuls leur indépendance, et ne rien devoir aux États-Unis. Certains proches de la Maison-Blanche multiplient les messages au Président Mac Kinley, encore hésitant, pour encourager la guerre contre l’Espagne.

Dans ce contexte, la mise en place d’une série de navires de guerres dans les ports cubains est un premier pas. Officiellement, il s’agit seulement d’une mesure dissuasive « destinée à protéger les intérêts et les citoyens américains à Cuba ».

Le plus important de ces cuirassés, Le Maine,  mouille dans la rade de La Havane. Or, le soir du 15 février 1898 une explosion sur ce vaisseau entraîne la mort de deux cent soixante marins de l’Armée des États-Unis. Il est intéressant de noter qu’aucun gradé n’était à bord ce soir-là.

Une commission d’enquête se déclare incapable de déterminer l’origine de l’accident. Le seul rapport officiel est fait par les États-Unis et il accuse immédiatement l’Espagne. Les interventions de la diplomatie internationale sont inefficaces : le mal est fait. Les derniers hésitants sont maintenant convaincus de l’hostilité de l’Espagne et de la nécessité d’en découdre.

La Maison-Blanche enclenche les hostilités avant même que William Mac Kinley obtienne l’approbation du Congrès pour l’entrée en guerre (vingt-cinq avril 1898).

Contrairement aux prévisions des Européens cette guerre est un succès rapide pour l’armée nord-américaine. À la suite de l’armistice du douze août, le Traité de Paris du 10 décembre 1898 consacre la fin de l’Empire colonial espagnol : Porto Rico*, les Iles Philippines* et Guam sont cédés au vainqueur.

L’indépendance de Cuba est garantie par le tout récent « Amendement Teller » ; néanmoins, économiquement dépendants et menacées d’une occupation prolongée, les Cubains n’ont guère le choix que d’accepter les conditions des États-Unis.

La Constitution Cubaine est rédigée à Washington. Pour contourner « l’Amendement Teller » on y adjoint « l’Amendement Platt » : La Havane est obligée d’accepter toute intervention des États-Unis « pour préserver l’indépendance cubaine […] et protéger la vie, la propriété et les libertés individuelles (sic». De plus, afin de faciliter ces éventuelles missions, Cuba accorde une enclave sur son territoire pour permettre le dépôt de charbon ou les stations navales états-uniennes. La fameuse base de Guantanamo est ainsi instaurée.

De ce fait, l’île est occupée jusqu’en 1902 puis entre 1906 et 1908 et en 1912 et 1917. Ce protectorat politique est renforcé par une main mise économique fulgurante. Avant 1901, trente millions de dollars de capital américain sont investis à Cuba principalement par United Fruit et Américan Tobacco Compañía. On estime qu’au même moment, 80 % des exportations de minerais cubains sont entre des mains des gringos.

Cet épisode marque clairement l’entrée des États-Unis dans le club des puissances coloniales impérialistes. Laissons à Mark Twain le soin d’en résumer les tenants et les aboutissants : ” Ah ce que nos cœurs se sont enflammés d’indignation contre les atroces Espagnols […] Mais quand la fumée se fut dispersé, les morts consumés, le prix de la guerre se transforma pour les gens en augmentation du prix des marchandises et de la rente. Aussitôt que nous fûmes un peu revenus de la fête patriotique, il nous apparut soudain que la cause de la guerre américano-espagnole était le prix du sucre […], les vies, le sang et l’argent du peuple américain étaient utilisés pour protéger les intérêts des capitalistes américains.

1961 :   Baie des Cochons

Malgré quelques poses démocratiques, les remous politiques et les dictateurs corrompus se succèdent durant la première moitié du siècle. Batista fait de La Havane la capitale de la prostitution et du jeu tandis que les opposant au régime sont persécutés. Washington, de son côté, maintient son emprise économique (90 % des exportations cubaines se font vers les États-Unis) et stratégique, fermant les yeux sur les entorses politiques.

En revanche, après la victoire de la révolution castriste de Janvier 1959, Cuba s’engage dans une série de résolutions qui déplaisent au Président Eisenhower (réforme agraire, nationalisations des industries du sucre et du pétrole).

Les mesures de rétorsion économique ne tardent pas à intervenir. Elles vont jusqu’à l’établissement d’un embargo dès 1960 et à la suspension des relations diplomatiques en janvier 1961. En réaction Fidel Castro radicalise ses dispositions et se rapproche davantage de l’U.R.S.S.

La menace économique est compensée par le soutien de l’URSS qui achète le sucre cubain, Washington doit trouver un autre moyen maintenir Cuba sous sa sphère d’influence.

La politique de « Bon Voisinage » n’est plus d’actualité. Instaurée dans les années 30, elle avait pourtant permis l’annulation de l’amendement Platt.

Dans les premiers temps de son mandat, J.F Kennedy apprend qu’un plan secret de la C.I.A, prévoit le renversement de Fidel Castro, treize millions de dollars ayant été accordés par son prédécesseur pour créer un camp d’entraînement au Guatemala.

Il s’agit d’éliminer le seul « régime communiste » du continent américain et de reprendre la main dans la guerre froide. Kennedy donne son approbation pour « l’Opération Mangouste ». La C.I.A, maître d’œuvre, collabore avec l’armée américaine, la mafia et les réfugiés qui ont fuit le nouveau régime cubain. Depuis que Castro a fait nationaliser les casinos (juin 1959), la Mafia est prête à tout pour récupérer son fonds de commerce. En toute logique, le commando doit pouvoir rapidement installer une tête de pont qui sera très vite soutenue par l’accueil favorable de la population locale. Quelques jours d’un semblant de contre-révolution cubano-cubaine devraient suffire à justifier ensuite l’envoi des Marines. Pour cela la base navale U.S de Guantánamo est toute proche.

Après le bombardement des principaux aéroports cubains le quince avril, l’invasion commence à l’aube du dix-sept avril 1961 lorsque le commando hétéroclite débarque sur la côte sud de l’île au niveau de la baie des Cochons à cent-cinquante kilomètres de la Havane.

Comme on compte sur la coopération des Cubains, les effectifs sont minimes et les moyens en matériels très limités. Mille cinq-cents assailants accostent en canot à moteur. Trois péniches de débarquement amènent de vieux chars Sherman. La logistique est maigre : cinq vieux rafiots et un yacht équipé sommairement en navire-hôpital. Six bombardiers B 26, camouflés en avions cubains, décollent du Nicaragua. Les pilotes ratent toutes leurs cibles. Ils sont abattus.

Contrairement aux prévisions de la C.I.A, les Cubains répondent en masse à l’appel que Castro lance à la radio : « Venez défendre votre révolution !» Contre les envahisseurs, il détache quelques vieux chars T-34 russes. Des camions amènent les volontaires porteurs d’un armement parfois sommaire (perche de bambou taillée en guise de lance). La troupe anti-castriste se heurte non pas à la supériorité stratégique et logistique de ses adversaires, mais à leur nombre.

Le chef des opérations de la C.I.A (Earl Cabell), envoie une demande d’aide urgente et réclame les chasseurs à réaction postés au large de Cuba. Kennedy refuse de se compromettre par une intervention officielle. Après soixante-douze heures de combat c’est un véritable fiasco pour le commando : sur les mil cinq-cents hommes, une centaine est tuée, plus de mille capturés, les autres recueillis au large par des navires de la flotte américaine.

Comble de l’échec, cette opération ne provoque pas une réelle surprise. L’existence des camps d’entraînement, révélée par la presse avant l’attaque, le gouvernement cubain avait déjà porté plainte contre les États-Unis devant les Nations Unies concernant des interventions intempestives sur son territoire. L’administration Kennedy nie à plusieurs reprises arguant que les États-Unis n’ont jamais eu l’intention d’agresser Cuba et que cette opération est le fait d’exilés cubains. Ajoutée aux forts soupçons, la présence de matériel et de soldats de l’armée des États-Unis au cours de l’opération ne peut être cachée plus longtemps. Le vingt-quatre avril le Président Kennedy se trouve obligé d’endosser publiquement la responsabilité de l’affaire. Cet épisode ne peut être considéré autrement que comme une invasion violant la charte de l’O.E.A.

Le fiasco militaire est un fiasco diplomatique. Castro porte maintenant l’auréole d’un défenseur de la liberté des petites nations contre l’impérialisme américain. Puis c’est l’escalade, tandis qu’il se radicalise, plusieurs mesures américaines le poussent davantage dans les bras de l’Union Soviétique.

En avril, Washington impose un embargo total. Le premier mai Fidel Castro annonce le caractère socialiste de la révolution cubaine. Le quatorze février 1962 Cuba est exclu de l’O.E.A. L’union soviétique se doit de soutenir son poulain caribéen, pour sauver la face et assurer les autres pays de sa puissance. Nikita Khrouchtchev lance l’opération « Anadyr »

1962 La crise des fusées.

De nombreux navires chargés d’armes soviétiques arrivent dans les ports de l’île pendant l’été 1962. Le onze septembre, l’Agence Tass assure que ces armes n’ont qu’un but défensif. Le treize, le président Kennedy déclare que les États-Unis ne pourront tolérer que Cuba devienne une base offensive. Le catorze, des photos aériennes apportent la preuve que les Soviétiques installent un système susceptible d’atteindre le territoire nord-américain.

Cuba devient alors le point névralgique du conflit opposant les deux superpuissances. La crise des fusées est un des points culminants de la guerre froide.

Tout commence réellement, le soir du vingt-deux octobre  1962, lorsque Kennedy révèle à ces concitoyens que la présence de missiles balistiques à Cuba menace l’ensemble du continent américain.

Il envisage l’éventualité d’une guerre contre l’U.R.S.S et annonce des mesures : la surveillance étroite de Cuba, la mise en place d’un dispositif militaire et l’établissement d’une « quarantaine navale ». Cette dernière mesure est plus agressive qu’il n’y parait. Elle consiste en un blocus total de l’île et en l’arraisonnement de tout navire s’en approchant.

Cependant Kennedy résiste aux pressions du Pentagone et pour modérer sa réaction, il fait appel à l’intervention des Nations Unies et à la bonne volonté de N. Khrouchtchev afin d’éviter une issue fatale à cette crise. Le lendemain, toutes les forces américaines dans le monde sont tout de même placées « en état d’alerte spéciale ».

Entre le vingt-deux octobre  et le trente-un octobre 1962 le monde entier vit sous la menace concrète d’une guerre nucléaire. Les mouvements de troupes se superposent alors aux déclarations de Washington et de Moscou.

Publiés depuis, les échanges privés entre Kennedy et Khrouchtchev nous apprennent que malgré la pression de leurs états-majors et de Fidel Castro – engagé dans un processus extrême est prêt à sacrifier son pays – les deux hommes ont su négocier directement en coulisse pour éviter une troisième guerre mondiale.

Devant la gravité de la crise et l’impatience de Castro les échanges vont bon train. Le vingt-quatre, Washington exige le retrait immédiat des fusées soviétiques. Le vingt-cinq, Khrouchtchev, dans un message à Kennedy, semble disposé à retirer les fusées sous réserve que les Nord-Américains s’engagent à ne pas envahir Cuba et à retirer leurs missiles de Turquie. Le 28 Khrouchtchev donne l’ordre de démonter l’armement soviétique et de le rapporter en U.R.S.S. sous le contrôle de l’O.N.U. De son côté, Kennedy accepte de ne pas envahir Cuba.

Mais face aux deux géants satisfaits de leurs échanges, le principal concerné se sent un peu lésé. Ces accords ont été conclus sans que Castro ait réellement été consulté.

Dans une déclaration du vingt-huit octobre Cuba exige, pour accepter le compromis américano-soviétique, la levée du blocus de l’île, la renonciation à la subversion par les États-Unis, la fin des activités des émigrés cubains de Miami, la cessation des survols aériens américains et l’abandon par Washington de la base de Guantanamo. Les autorités de La Havane s’opposent par ailleurs à toute inspection.

Castro craint à juste titre que le règlement de la crise ne mette pas terme aux ingérences états-uniennes sur Cuba. Les États-Unis ne tiendront pas leur promesse de s’abstenir de toute agression contre Cuba.

Le vingt novembre, Castro doit accepter le retrait des bombardiers soviétiques de Cuba, tandis que Kennedy annonce la levée de la quarantaine. Mais l’inspection aérienne est maintenue.

À la réunion des ministres des Affaires Etrangères tenue à Washington, les pays de l’O.E.A. décident par quinze voix contre quatre de renforcer le blocus.

La base de Guantanamo est comme l’actualité nous le rappelle, toujours aux mains des U.S.

L’embargo économique contre Cuba n’est toujours pas levé, la tentative de rapprochement menée sous James Carter ayant été anéantie par son successeur.

Pour G.W Bush, le pays de Fidel Castro est selon les termes à la mode actuellement : « un état terroriste », ce qui justifie implicitement la permanence des interventions états-uniennes à Cuba.

A lire:

– Cuba, Edouard Bailby, Arthaud, Paris, 1993.

Cuba : A Short History, Lesmie Betthel, Cambridge University Press, Cambridge, 1993.

13 jours. La crise des missiles de Cuba, Robert Kennedy, Grasset, Paris, 2001.

Rhum Bacardi. CIA, Cuba et mondialisation, Hernando Calvo Ospina, EPO, Burxelles, 2000.

– « Du “destin manifeste“ des États-Unis, par Maurice Lemoine, Le Monde diplomatique, mai 2003.

– « Retour sur la crise des missiles à Cuba », Danièle Ganser, Le Monde diplomatique, janvier 2003.

 – Les secrets gardés de la CIA. Thomas Powers, Plon, 1981.

– La baie des cochons dix-sept avril 1961 Haynes Johnson,. Robert Laffond, 1964

La guerre de Cuba et le destin de l’Amérique Latine. Chronologie, choix de textes, traduction et introduction par Jean Lamore. Prologue de Cintio Vitier. Aubier Montagine, Paris, 1973.

Cuba/Espagne, España/Cuba, et La historia como arma. Manuel Moreno Fraginals. Edi. Crítica. Barcelona. 1999.

– L’ennemi américain, Philippe Roger. Seuil, 2002.

– Films de Ignacio Ramonet  avec Fidel Castro.

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