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Hidalgo, Anne (1959…)

22 febrero, 2012

La première adjointe au maire de Paris, Anne Hidalgo, est née à San Fernando, près de Cadix, en Andalousie. Ses parents, républicains bien sûr, émigrent en 1961 avec elle et sa sœur Marie pour s’installer à Lyon. Les filles font leurs études à Viase, parlent français entre elles et avec les parents espagnol, jusqu’à la démocratisation de l’Espagne, où ceux-ci rentrent chez eux.

Sa sœur part aux Etats-Unis et Ana reste, mettant sa langue maternelle en hibernation. A l’entendre parler aujourd’hui on constate que son accent ressort ancestral, comme une chanteuse de flamenco.

Militante associative et syndicaliste à la CFDT, inspectrice du travail, elle réussit une ascension éclair : entrée au PS en 1994, quand une défaite, déjà, faisait honte à la gauche. Romantique, mais raisonnable, au PS elle tord le nez devant les vieilles habitudes.

Les hiérarches n’étaint pas lin de penser comme Saint Augustin : « Les femmes ne sont pas faites pour les positionnements d’appareil. Elles s’y perdent, elles s’y ennuient. » Certes. Mais cette femme-ci n’a pas été malhabile aux aléas des influences.

Cette même année on pense à elle pour affronter le sieur Balladur. Dans la compétition interne pour l’investiture socialiste, elle évince ses concurrents, ressort du ring un peu sonnée par « l’âpreté » de l’affrontement, mais récupère et réconcilie les factions, à la stupéfaction des caciques. Avec des raisons d’espérer.

Au cabinet de Martine Aubry, elle participe à l’exercice du pouvoir, et ça lui plut: «J’ai vu que la politique était a titre chose qu’une machine à broyer. Sur les dossiers des emplois-jeunes ou de la loi contre l’exclusion, j’ai  pris plaisir à être au cœur des arbitrages, à participer à la mise en œuvre des décisions. » Grâce à son art de la conviction, elle part en campagne pour gagner.

Au moins un siège ou deux de conseillers… Voire la mairie du XVe. Donnée perdante, les sondages lui rendent soudain hommage. Et voilà qu’elle paraît quasi irrésistible. «Douce», «intelligente», « équilibrée », « mesurée mais convaincue », la « belle des marchées » fait l’unanimité à gauche… et même à droite ! En réalité, c’est une fausse douce, le genre «déterminée», disent amis et adversaires.

Elle confirme: «Je suis bosseuse et plutôt combative. » Elle décrit une carrière faite d’opportunités saisies, de propositions acceptées. Parce qu’on avait «pensé à elle», qu’elle rejoint l’administration centrale en 1991 et le cabinet de Martine Aubry six ans plus tard.

Et c’est après que plusieurs militants du XVe sont venus la trouver pour lui dire «si tu pars, on te suit», qu’elle s’est lancée dans la bataille des municipales. Après la débâcle de 1993, la gauche allait avoir besoin de nouvelles têtes. Cependant on lui trouve sans mal quelques ennemis. De l’inspection du travail à l’Hôtel de Vil­le, son ascension en a aigri plus d’un. Elle le sait: «Je suis jeune, j’ai l’air plutôt gentille, certains ont cru qu’ils pouvaient m’emmener où ils voulaient. J’ai dû les décevoir.»

En mars 2001, elle obtient 26,5 % des voix lors du premier tour face à trois listes de droite et est battue au second tour par la liste rassemblée autour d’Édouard Balladur et du maire sortant René Galy-Dejean.

Élue conseillère municipale d’opposition du XVe arrondissement, elle entre au Conseil de Paris sur la liste de Bertrand Delanoë. Elle devient la première adjointe au maire de Paris, chargée de l’égalité Homme/Femme et du Bureau des Temps et membre du Conseil d’administration de la SAEMES (Société Anonyme d’économie Mixte d’exploitation du stationnement de la ville de Paris).

On la voit à l’œuvre quelques jours après sa nomination sur le plateau de France 3, invitée à débattre avec François Bayrou. Mais le chef centriste n’est pas d’humeur belliqueuse devant un être aussi délicat. Elle évoque une brève rencontre, deux semaines plus tôt, pendant la campagne des municipales: «Nous nous sommes croisés et c’était, je dois le dire, très sympathique, de votre fait. » Bayrou est sous le charme. On le sent tenté par le compliment. Il parle du gouvernement Jospin «que vous représentez ici avec… ». Il hésite un instant; avec grâce? avec fraîcheur? Il se rattrape, in ex­tremis: «Que vous représentez… avec allant.» Anne s’y attendait.

En prenant place à cette table face à cet homme, elle savait qu’elle s’exposait au dérapage galant. «J’avais même, confie-t-elle, préparé-le bazooka.» A toutes fins utiles, elle tenait prête une parade féministe: «Si vous le souhaitez, monsieur Bayrou, on peut aussi parler de la couleur de vos yeux.»

Son expertise interne sur la politique de la Mairie de Paris se double d’un regard distancié sur la politique française : c’est la grande richesse de tous ceux qui, comme elle, sont d’ici et de là bas.

Sources :
Olivia Gesberg : Anne Hidalgo, la Lorelei du XV. Mariane, 3 mai 2001
Alain Auffray : No vice. Libération 15-mai-2001.
Claude Askolovitch, La brune guerrière. Nouvel Observateur 31-10-2002.
A lire : Anne Hidalgo, avec Jean-Bernard Senon.  : Une femme dans l’arène.  Editions du Rocher

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