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Juan Gris (1887-1927)

24 marzo, 2012
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Le 23 mars de 1887 es né Juan Gris. A l’occasion de ce 125ème anniversaire il nous apparaît de justice rendre hommage à celui qui, avec Picasso et Braque, ont inventé le cubisme en peinture.

Picasso,  Juan  Gris,  Braque : une  bonne  partie de l’art du XX’ siècle est née entre 1910 et 1914 du pinceau  de ces trois grands au sein du Bateau Lavoir. Gris est le moins illustre de de ces génies de la peinture, quoique le plus cubiste des trois.  Né à Madrid, il commence des études d’ingénieur, qu’il abandonne en 1904 pour se consacrer à la peinture. A dix-neuf ans il se détourne du style Art nouveau et avec vingt francs en poche réussit à monter à  Paris pour y rester jusqu’à sa mort.

Il prend le pseudonyme de Juan Gris (il s’appelait José Victoriano Carmelo Carlos González-Pérez !) ; pour gagner sa vie il dessine dans des journaux comme L’assiette au beurre, Le Charivari, et Le Cri de Paris. II a la chance de s’installer au 13 de la rue Ravignan et assiste à la création des Demoiselles  d’Avignon dont  il est un des très rares supporters, avec Henri Kahnweiler. En 1911 Juan Gris entre réellement en cubisme, quelque peu en marge du sillage créé par Braque et Picasso. Et le plus surprenant c’est que d’emblée il résiste à la comparaison. Tout simplement parce que cet homme jeûne fait déjà preuve des qualités qui le caractériseront : un sens très fort de l’agencement plastique, une volonté délibérée d’animer la surface de la toile en tenant compte des quatre lignes qui la bordent. Ceci est important, car ni Braque ni Picasso n’ont creusé cette difficulté qui fut le souci non seulement d’eux mais aussi de Gleizes et de Metzinger.

Bientôt Juan Gris exposera au Salon des Indépendants un Hommage à  Pi­casso dont Guillaume Apollinaire dira : L’envoi de Juan Gris pourrait s’appeler le cubisme intégral. II réalise des compositions tout à fait inédites et semble reconstruire l’objet à partir d’éléments hétéroclites. Pour répondre à Cézanne qui avait déclaré: D’une bouteille je fais un cylindre, il rétorque : D’un cylindre je fais une bouteille.
Et c’est une des grandes questions de l’art moderne, celle sur laquelle repose une grande part de l’abstraction : de quelle émotion peut se charger une ligne droite, comment une harmonie fondée sur des principes mathématiques peut-elle n’être pas froide ? Mais pour élucider ce mystère, Juan Gris n’a que peu d’années devant lui. En 1927, c’est un vieillard de quarante ans, malade depuis plusieurs années, que la mort arrache à l’histoire de la peinture. Quand il mourut dans sa petite maison de Boulogne, entouré de sa femme, son fils et ses amis, il attendait encore sa naturalisation française. Une administration paperassière le priva de cette dernière joie.

Henri Kahnweiler livre sans doute son testament spirituel lorsque, comparant la gloire de Picasso et de Braque, il écrit à propos de Juan Gris : Il n’a vécu que peu de temps, il a eu peu de chance, il ne s’est jamais mis en avant parmi les très grands, mais sa place se trouve à côté des peintres qu’il aimait, à côté de Boucher, d’Ingres et de Cézanne.
Sources : Juan Gris (collectif) Musée de Marseille, 1999

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