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María de Medeiros

3 mayo, 2012

Parmi les Portugais qui ont fait la France, on ne peut pas oublier l’actrice, chanteuse et amie, Maria de Medeiros.

Elle est née à Lisbonne d’une mère journaliste et un père pianiste, compositeur, chef d’orchestre et historien de la musique. Pendant quelques années, Antonio Victorino d’Almeida est également l’attaché culturel portugais à Vienne. Donc, la petite enfance de Maria se déroule en Autriche: « À ce moment-là, je baignais dans la musique, raconte-t-elle avec un sourire d’ange.  Je me réveillais en entendant mon père au piano. Il m’a appris à écouter Mahler, Stravinski, Ravel… Moi-même, je grattais un malheureux violoncelle. »

Sitôt après la chute de Salazar, la famille revient à Lisbonne. La future comédienne rêve de peinture, mais elle ne cache pas l’attrait que le théâtre exerçait sur elle : « Un jour, j’ai découvert “Mistero Buffo“, de Dario Fo. J’étais fascinée par ces gens vivants, là, sous mon nez. Aller au spectacle me fait toujours l’effet d’un cadeau. »

On la voit au cinéma à l’âge de quinze ans dans Silvestre, de João César Monteiro, et  aborder le théâtre classique sous la direction de Philippe Fridman : « J’ai rencontré beaucoup d’artistes, de cinéastes, de gens de théâtre, comme l’acteur Luis Miguel Cintra. Ils sont devenus pour moi une sorte de famille artistique. J’étudiais au lycée français. Mon professeur de philosophie m’a poussée à venir à Paris pour suivre les classes préparatoires au lycée Louis le Grand.»

C’est ce qu’elle fait à dix-huit ans, avant d’intégrer l’Ecole Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre dans la classe de Brigitte Jaques. Elle entre peu après au Conservatoire et suit les classes de Michel Bouquet et de Jean-Pierre Vincent.  À sa sortie du Conservatoire, elle est très présente sur des scènes nationales françaises et travaille avec des metteurs en scène tels Jorge Lavelli* ou Jean-Marie Villégier. C’est en 1994, avec Pulp Fiction de Quentin Tarantino, qu’elle est révélée au grand public dans le rôle de la petite amie douce et naïve de Bruce Willis.

À voir son visage triangulaire que mangent les yeux gris-vert, sa finesse et gracilité, on dirait de la porcelaine ; en fait, elle est énergique et tenace. Nous l’avons constaté à l’Odéon dans la pièce des pièces, celle qui brosse tous les grands thèmes du théâtre sans les épuiser en les relançant à l’infini, « La vie est un songe » de Calderon, où Maria incarnait Rosaure, l’héroïne déshonorée.

Nonobstant, son grand rôle sera celui d’Anaïs Nin dans Henry et June de Philip Kaufman en 1990. En tête d’affiche dans L’Homme de ma vie, de Jean-Charles Tachella, Maria commence à réaliser ses propres films, dont A Morte do principe, adapté de Fernando Pessoa.

Au fil de sa carrière, elle revient souvent à ses origines. En 1990 avec La Divine Comédie sous la direction du grand maître portugais Manoel d’Oliveira ; en 1994, elle est à l’affiche de Deux frères, ma sœur, de Teresa Villaverde, film pour lequel elle reçoit le prix d’interprétation féminine au Festival de Venise ; un an après, elle joue dans Adam et Eve de Joaquim Leitão.

En 1999, elle écrit et réalise Capitaines d’avril, son premier long métrage, qui retrace la Révolution des œillets qui eut lieu à Lisbonne en 1974. Un grand sujet historique et politique : vingt-quatre heures de l’action armée vues du côté militaire. Elle a voulu célébrer ces capitaines  dont le plus célèbre a un prénom de théâtre, Otelo Saraiva de Carvalho, et Maia, l’un des plus courageux, mort en 1992, qui lui servit d’inspiration pour le personnage central du film.

Maria réalise en 2004 un deuxième long-métrage, un délicieux documentaire sur les rapports entre les cinéastes et les critiques, « Je t’aime… moi non plus ».

Et en fin, la chanson : elle a souvent chanté au cours de sa carrière d’actrice dans le cadre de pièces de théâtre ou de films, notamment sous la direction de Jérôme Savary lors de la création de « Zazou » au Théâtre National de Chaillot, ou dans le film-culte de Guy Maddin, « The saddest music in the world ». Mais en 2006 elle s’y lance pour de vrai avec un spectacle musical construit autour de chants de résistance de grands auteurs et interprètes, écrites sous la dictature militaire au Brésil.

Ainsi, après avoir réalisé un film sur la seule révolution au monde dont le signal de déclenchement, choisi par des militaires, est une chanson (Grandola, vila morena, de José Afonso), Maria se produit en concert sur diverses scènes internationales : Barcelone, Lisbonne, Madrid, Rome…

A voir en DVD, Capitaines d’avril. Réalisation : Maria De Medeiros – Éditeur : France Télévisions

A écouter en CD : « A little more blue » paru chez Universal en 2007.

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