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7-XII-1975 L’Indonésie envahit l’ancienne colonie portugaise du Timor Oriental

11 diciembre, 2012

1975 1999 Timor Oriental.  Plus de 13 000 îles et près de deux millions de km² peuplés de 203 millions d’habitants forment l’Indonésie*. Composé à 80 % de musulmans, ce pays est l’un des plus grands États islamiques au monde, le onzième en étendue et le cinquième par sa population. L’archipel s’étale sur plus de 5 000 km d’est en ouest et 2 000 km du nord au sud. L’île de Timor est située à l’extrémité sud-est de l’archipel de Nusa Tenggara à environ 500 kilomètres de la côte nord de l’Australie.

Les détenteurs de la mémoire légendaire racontent qu’il s’agit d’un monstrueux crocodile qui, se dirigeant vers le sud, émerge peu à peu des eaux pour se transformer finalement en île. Cela expliquerait son orientation curieuse et sa position tampon, car comme le faisait remarquer un journaliste de la « Revue Française de l’Élite Européenne» en 1957 : « c’est là que viennent mourir les derniers parfums du monde malais et c’est là aussi que l’on respire les prem­ières bouffées de l’atmosphère australienne».

Plus prosaïquement, on peut signaler que Timor s’étend sur 32 300 kilomètres carrés, soit à peu près la superficie de la Hollande. La partie indonésienne de l’île compte 13 455 km2 et la  moitié portugaise, située au nord-est, 989 km2

La population du Timor Oriental est d’origine malaise, mélanésienne et polynésienne. Contrairement à ce qui est arrivé dans les autres îles de l’archipel, elle n’a presque pas eu de contact avec l’Islam ou l’Hindouisme, maintenant ainsi une tradition animiste associée à la pratique généralisée du catholicisme, fruit de l’influence portugaise.

L’autre héritage laissé par les portugais est la langue. En dépit de la répression indonésienne qui a tenté de bannir l’enseignement du portugais et du “tetum” (langue autochtone du Timor-Est) en instituant le “bahasa” indonésien comme langue officielle, chacune de ces deux langues continue d’être parlée et enseignée avec restriction. Ces idiomes sont revendiqués par les timorais comme faisant partie de leur identité culturelle.

Avant l’arrivée des premiers européens, au début du XVIe siècle, l’archipel indonésien se composait d’une multitude de royaumes et de principautés, hindo-bouddhistes d’abord (Srivijaya au VIIème siècle, Majapahit au XIIème siècle), puis musulmans, l’islam ayant été introduit au nord de Sumatra par des négociants indiens entre les XIIème et XVème siècles. Dans cet ensemble très composite, on trouvait à la fois des Etats côtiers, axés sur le commerce et la navigation, et des Etats de l’intérieur, représentatifs des civilisations agraires. Chacune des grandes Îles de l’archipel était elle-même divisée en plusieurs Etats.

Etant donné le peu d’attention accordé à Timor, il est à peu près impossible de déterminer avec précission quand les Européens y ont débarqué pour la première fois. Il est problable qu’ils l’aient atteint dès 1512, mais peut-être ne s’y cont pas intéréssés avant le 6 janvier 1514, date à laquelle le responsable de Malacca signale dans une lettre à la métropole l’existence d’une grande quantité de bois de sandal.

Au début du XVIe siècle, les Portugais arrivent accompagnés de prêtres dominicains dont la présence marquera l’évolution culturelle et religieuse du territoire. Ils ont été supplantés à partir du XVIIe siècle par les Hollandais, désireux de s’adjuger le monopole du commerce des épices au travers de la compagnie unie des Indes orientales.

Etablis en 1619 à Jakarta, qu’ils baptisèrent Batavia, les Hollandais vont, durant tout le XVIIIe et le XI Xe siècle, étendre progressivement leur souveraineté à l’ensemble de l’île de Java tout d’abord, puis progressivement aux autres Îles de l’archipel, non sans que cette expansion se heurte à la résistance des populations et des souverains locaux. En 1651, ils conquièrent Kupang et envahisent la moitié occidentale de l’île. Sa division coloniale date de cette époque. Le Portugal et la Hollande concluent, en 1859, un traité délimitant la frontière entre le Timor portugais (Oriental) et le Timor hollandais (Occidental). Ce dernier devient partie intégrante de la république d’Indonésie le 17 août 1945, peu après la reddition du Japon. Avec ses trente kilomètres de routes, ses trois médecins autochtones, ses taux de tuberculose, de malaria et d’analphabétisme parmi les plus élevés du monde, Timor-Est fait figure non seulement de parent pauvre mais aussi de dépotoir de l’Empire colonial portugais. Son climat côtier jugé insalubre, ses sept cent mille habitants plus ou moins bien « pacifiés» et son absence de richesses naturelles exploitées le rendent tout juste assez bon pour servir de terre d’exil aux fonctionnaires en disgrâce. Alors que les vastes territoires de l’Angola et du Mozambique sont censés contribuer au prestige politique de la métropole, on parlait même de vendre Timor à la Grande Bretagne, puis plus tard de la mettre sous tutelle de l’ONU.

C’est donc la colonisation hollandaise qui a donné ses contours actuels à l’Etat indonésien, à l’exception toutefois de l’est de Timor, resté sous souveraineté portugaise jusqu’en 1976.

Après trois années d’occupation japonaise, de 1942 à la fin de la guerre, l’indépendance de l’Indonésie est proclamée le 17 août 1945 par le dirigeant nationaliste Soekarno. Mais le retour des Hollandais et leur refus de reconnaître l’indépendance allaient entraîner quatre années de tensions et de conflits qui feront près de 100 000 morts. Après avoir tenté de susciter, dans plusieurs provinces, la création d’Etats indépendants, confédérés au sein des Etats Unis d’Indonésie, les Pays-Bas, sous la pression internationale, reconnaissaient l’indépendance de l’Indonésie le 27 décembre 1949.

La Constitution de 1945, qui dotait le pays d’une République unitaire, a été suspendue en 1950 ;  puis, après une brève expérience de régime parlementaire classique, a été rétablie et demeure toujours en vigueur aujourd’hui. Le Président Soekarno réoriente les institutions en 1957 en définissant la notion de “démocratie dirigée”, assise sur le consensus et s’appuyant sur des “groupes fonctionnels”, jugés plus représentatifs que les partis politiques traditionnels, mais se traduisant dans les faits par un renforcement de l’exécutif. De cette époque date également la reconnaissance du rôle “socio-politique” de l’armée.

La période qui s’ensuit est marquée par une succession de troubles, en particulier à Sumatra et aux Célèbes et une tension de plus en plus vive entre l’armée et le parti communiste indonésien (PKI). Le 30 septembre 1965, une tentative de coup d’Etat qui se traduit par l’assassinat de plusieurs chefs militaires, imputée au PKI, entraîne une vive réaction de l’armée, sous l’impulsion du général Soeharto, et une importante répression, qui a fait plusieurs centaines de milliers de victimes.

Soupçonné de complaisance envers les communistes, le Président Soekarno est contraint en 1966 de transférer l’essentiel des pouvoirs exécutifs au Général Soeharto, qui interdit le PKI. Soekarno sera déposé par l’Assemblée du peuple en 1967, le Général Soeharto devenant Président de la République en mars 1968.

Si au début des années soixante, les relations entre l’Indonésie tiers-mondiste et le Portugal colonialiste se détériorent, l’arrivé au pouvoir de Soeharto va rapprocher les deux pays. Leur commune hostilité à l’égard du marxisme et leurs convergeances de vue diplomatique facilitent l’établisement des négotiations informelles pour éviter les incidents frontaliers et améliorer les relations entre les gouvernement portugais et indonésien.

Le nouveau régime, qui se reconnaît dans la notion d’ “ordre nouveau” infléchit la politique indonésienne dans le sens d’un ralliement au bloc occidental et d’une libéralisation de l’économie, désormais ouverte aux investiteurs étrangers.

Le nouvel Etat allait revendiquer la province d’Irian Jaya (Nouvelle­Guinée occidentale), restée provisoirement sous administration hollandaise. Après le lancement d’une opération militaire indonésienne, elle passe sous le contrôle de l’ONU en 1962 puis revient définitivement en 1963 à l’Indonésie, qui vit ainsi son territoire doté d’une 26e province.

Enfin, lorsque éclate la révolution portugaise en 1974 et que se produit un coup d’Etat indépendantiste au Timor oriental, l’Indonésie, qui convoitait ce territoire, l’envahit en décembre 1975. Le Timor oriental est officiellement déclaré 27e province de l’Indonésie en juillet 1976 mais ce “rattachement” n’a jamais été reconnu par la communauté internationale.

A l’origine du drame du Timor-Oriental, il y a le non-respect d’un droit reconnu à tous les peuples et que l’Indonésie elle-même s’était engagée à respecter. Ses représentants à l’ONU n’affirmaient-ils pas: “Nous déclarons catégoriquement (…) que nous ne revendiquerons pas l’autre moitié du Timor”. En 1974, le ministre indonésien des affaires étrangères, M. Adam Malik, confirmait encore dans une lettre à M. Ramos-Horta, son homonyme de Timor-Oriental: “L’indépendance est un droit de toutes les nations, et le peuple du Timor-Oriental ne fait pas exception. »

Pour la communauté internationale, ce droit est indiscutable. En décembre 1975, le Conseil de sécurité des Nations unies vote à l’unanimité une résolution “reconnaissant le droit inaliénable du peuple du Timor-Oriental à l’autodétermination et à l’indépendance”. Il demande aussi au gouvernement indonésien de retirer sans délai toutes ses forces du territoire.

Les États-Unis, qui avaient secrètement donné leur accord à l’invasion – c’était l’époque de la fin de la guerre du Vietnam, et l’Indonésie était leur alliée – votent malgré tout cette résolution: ils pouvaient difficilement faire autrement, compte tenu du vote de l’Assemblée générale, qui avait précédemment demandé à une forte majorité (72 pays) au gouvernement indonésien de “cesser de violer l’intégrité territoriale du Timor portugais”, dix pays seulement votant contre. L’ONU considère toujours officiellement le Timor comme “un territoire autonome sous administration portugaise.

Alors que la guerre du Vietnam vient à peine de s’achever par le retrait des troupes américaines, Washington cherche avant tout à protéger ses alliés de la « pernicieuse progression du communisme ». Pourtant, dési­reuse de ne pas s’impliquer trop directement dans ce qui constitue une vio­lation flagrante du Droit International, l’Administration américaine souhaite que l’invasion se déroule rapidement et le moins ostensiblement possible. Henry Kissinger recommande à l’Ambassadeur des États-Unis d’adopter un profil bas et de ne faire aucune déclaration quand à l’évolution de la situation. Même si l’absence de soutien diplomatique de la part de l’URSS montre que le bloc de l’Est n’est pas disposé à utiliser Timor comme base arrière pour déstabiliser l’Indonésie, c’est un risque que les États-Unis ne sont pas disposés à courir. Le régime du Général Suharto a certes toujours refusé l’implantation de base militaire étrangère sur son terri­toire, mais cela ne l’empêche pas d’être perçu selon les termes mêmes de la diplomatie américaine, comme « un allié exemplaire» qui constitue un «lien privilégié entre le Japon et l’Australie»

Une illustration macabre de la complicité américaine fut administrée dèjà lors du coup d’État de 1965, qui amena le général Suharto au pouvoir. Des centaines de milliers de personnes, en majorité des paysans sans terre, furent massacrées en quelques mois. Le puissant Parti communiste fut détruit. Cet exploit fut salué par une euphorie sans bornes en Occident, lequel célébra la “modération” du général Suharto et de ses complices, qui avaient nettoyé la société et livré le pays au pillage. Robert McNamara, le secrétaire à la défense américain, informa le Congrès que l’aide et l’entraînement américains “avaient produit des dividendes” parmi lesquels il faut compter un demi-million de cadavres – d’ “énormes dividendes”, renchérissait un rapport du Congrès. Il informa le président Lyndon Johnson que l’aide militaire américaine avait “encouragé (l’armée indonésienne) à agir contre le Parti communiste quand l’occasion s’était présentée”. Des contacts avec les officiers indonésiens, y compris à travers des programmes universitaires, ont été “des facteurs très significatifs dans le choix d’une orientation favorable par les nouvelles élites politiques”, c’est-à-dire… l’armée.

De surcroît, comme le signale RG. Boid, de la Défense canadienne, les détroits d’Ombai et de Wétar qui bordent les côtes timoraises constituaient l’une des routes les plus cruciales pour le programme de défense américain. Jusqu’à la mise en service des nouveaux sous-marins nucléaires de type « Trident» c’était en effet la seule voie maritime aisément praticable pour les grands submersibles.

Il est clair que la CIA était tout à fait au courant de l’évolution de la situation dans l’île et des projets d’intervention armée de Jakarta. La qualité même de certaines de ses informations laisserait d’ailleurs penser que l’agence américaine recevait directement ses informations du Bakin, service de rensegement de l’armée indonésienne. De là à en conclure que les deux services travaillaient en collaboration, il n’y a qu’un pas qu’on franchira sans doute lorque l’on saura que les États-Unis ont aumenté de 450 % leurs livraisons d’armes à l’Indonésie entre 1974 et 1975. et que Henry Kissinger et le président Ford étaient en visite à Jakarta la veille de l’invasion.

Championne de l’indépendance des pays colonisés à la conférence de Bandung en 1955, l’Indonésie, vingt ans plus tard, envahit donc le territoire du Timor-Oriental, juste après la visite de Henry Kissinger et du président Ford à Djakarta. Après un tour d’horizon sur la situation politique du sud-est asiatique, le dictateur Soaharto interpellait ses visiteurs au sujet du Timor Oriental: “Nous demandons votre compréhension, si nous considérions nécessaire d’entreprendre une action rapide ou drastique”. Sans se faire prier, le président Ford répondait à l’aide d’une formule dépourvue d’ambiguïté: “Nous comprendrons… Nous comprenons le problème et les intentions que vous avez”. Toutefois, Kissinger faisait remarquer au général Suharto: “Vous vous rendez compte que l’utilisation d’armes américaines pourrait poser un problème”. En dépit de ces réserves, Kissinger tenait à rassurer ensuite son interlocuteur: “Quoi que vous fassiez, c’est important que cela arrive rapidement… Si vous avez fait des plans, nous allons faire de notre mieux pour tenir tout le monde tranquille, jusqu’au retour à la maison du président”. Car, poursuivait le secrétaire d’État, “Nous serons capables d’influencer les réactions en Amérique si, quoi qu’il arrive, ça se passe après notre retour… Toutefois, quoi que vous fassiez, nous essaierons d’agir de la meilleure façon possible”. Cette édifiante conversation, reproduite dans un document officiel secret du département d’État, qui vient tout juste d’être déclassifié, apporte la preuve du feu-vert donné par Washington au maître de Jakarta, pour envahir le Timor oriental. Une “autorisation” que Ford et Kissinger ont toujours niée. . En pleine guerre froide, le général Suharto a justifié, auprès de la population indonésienne comme de la communauté internationale, cette invasion par sa volonté de lutter contre l’expansion du communisme. Au moment de l’invasion, le trouble règne au Timor oriental, désordre qui fait suite au désengagement croissant des Portugais dans leurs colonies au lendemain de la Révolution des œillets. Le 28 novembre 1975, le Front révolutionnaire du Timor-Oriental indépendant (Fretilin), aujourd’hui transformé en parti politique, largement appuyé par la population, avait déclaré l’indépendance. Le problème devait, selon les autorités indonésiennes, être réglé en quelques semaines… qui durent en fait depuis près de 25 ans.

L’invasion accomplie, les quatre cinquièmes de la population, estime-t-on, s’enfuient dans les montagnes, où le Fretilin se retranche et organise la lutte. Les bombardements des zones habitées et la destruction systématique des cultures obligent les populations à des déplacements constants, provoquant la famine et l’épuisement des réfugiés.

Le Conseil de sécurité ordonne à l’Indonésie de se retirer immédiatement mais n’est pas entendu. Et les raisons de cet échec seront expliquées avec une grande franchise devant l’Onu par l’ambassadeur américain Daniel Patrick Moynihan : « le département d’État désirait que les Nations unies soient totalement inefficaces, quelles que soient les mesures qu’elles prendraient. Cette tâche m’incomba et je crois pouvoir dire que je l’ai menée à bien ».

A partir de 1977, la population, poussée à bout, commence à se rendre, et les forces armées indonésiennes organisent de grandes opérations d’encerclement pour capturer les Timorais qui continuent à se cacher ou à combattre.

Entre le 7 décembre 1975, jour où le Timor-Oriental a été envahi et annexé par l’Indonésie, et le référendum du 30 août 1999, au cours duquel 78,5% de ses habitants se prononcent pour l’indépendance, il s’est écoulé un quart de siècle. Deux cent mille Timorais ont payé de leur vie cette “intégration”, abandonnés par la communauté internationale. La chute du dictateur Suharto débloque le dossier, et Djakarta consent à la tenue d’un référendum au Timor-Oriental, mais prépare en sous-main une répression au cas où la population se prononcerait pour l’indépendance. Après de longues tergiversations et après avoir obtenu l’aval de l’Indonésie, les Nations unies déploient dans l’île, le 20 septembre, une force multinationale (Interfet) sous commandement australien. Cette tardive intervention ne règle ni le problème des trois cent mille Timorais déportés au Timor-Occidental, ni celui du jugement des tortionnaires par un tribunal international. Elle ne doit pas non plus faire oublier les vingt-cinq ans de complicité occidentale avec la dictature de Djakarta.

C’est le dernier chapitre d’une triste histoire de trahison et de complicité qui s’est ouvert après le référendum d’autodétermination du 30 août 1999. Ce jour-là, la population s’était massivement prononcée pour l’indépendance. Immédiatement, les atrocités se multiplièrent, organisées et dirigées par l’armée indonésienne. Comme le notait le rapport de la mission des Nations unies (Unamet) le once septembre 1999: “Les preuves d’une liaison directe entre les milices et les militaires ne souffrent aucune contestation et ont été étayées par l’Unamet depuis quatre mois. Mais l’ampleur et la minutie des destructions au Timor-Oriental cette dernière semaine ont démontré un nouveau degré de participation ouverte des militaires à la mise en oeuvre de ce qui était auparavant une opération plus camouflée.”

“Le pire est peut-être à venir, alertait la Mission. On ne peut écarter l’idée que l’on assiste aux premières étapes d’une campagne de génocide pour écraser définitivement par la force le problème du Timor-Oriental.”

John Roosa, un historien de l’Indonésie, qui assistait comme observateur au scrutin, s’étonne: “Le pogrom était tellement prévisible qu’on aurait pu facilement l’empêcher (…). Mais, dans les semaines qui ont précédé le vote, l’administration Clinton a refusé de discuter, avec l’Australie et d’autres pays, la formation (d’une force internationale). Même après l’éclatement de la violence, elle a continué à tergiverser des jours durant. “Finalement, sous la pression internationale – principalement australienne et portugaise – et intérieure, elle a consenti quelques modestes gestes qui ont suffi pour amener les généraux indonésiens à accepter une présence internationale.

Pendant que le président Clinton “hésitait”, près de la moitié de la population du Timor, selon un rapport des Nations unies, était expulsée de ses foyers. Des milliers de personnes ont été assassinées. Et les forces aériennes américaines, capables de détruire des objectifs civils à Novi Sad, Belgrade ou autour des lacs de Pancevo, ont été incapables de parachuter des vivres à des populations menacées de famine, réfugiées dans les montagnes pour fuir la terreur.

A ceux qui ne se réfugient pas, comme la communauté internationale”, dans l'”ignorance délibérée, les événements actuels rappelleront des souvenirs amers. Nous vivons une répétition honteuse de ce qui s’était passé il y a vingt ans. Après avoir perpétré un épouvantable carnage en 1977-1978, l’Indonésie se sentit suffisamment en confiance pour autoriser une brève visite au Timor du corps diplomatique présent à Djakarta, et notamment de M. Edward Masters, l’ambassadeur américain. La délégation put constater l’énormité de la catastrophe. Pourtant, comme en témoignait aux Nations unies Benedict Anderson, l’un des meilleurs spécialistes universitaires de l’Indonésie, “durant les neuf mois qui suivirent”, marqués par la famine et la terreur, “l’ambassadeur Masters s’est abstenu délibérément, même au sein du département d’État, de proposer une aide humanitaire au Timor-Oriental”. Et cela jusqu’à ce que les généraux indonésiens lui donnent un feu vert – parce que, comme le reconnaissait un document interne du département d’État, “ils se sentaient assez sûrs pour pouvoir autoriser les visiteurs étrangers”.

Durant trente-cinq ans les relations entre Washington et Djakarta se sont poursuivies, de l’entraînement des troupes à une aide militaire intense, en passant par des manoeuvres communes. Alors même que les troupes indonésiennes et leurs supplétifs brûlaient Dili, massacrant et pillant avec une intensité accrue, le Pentagone annonçait: “Un exercice d’entraînement américano-indonésien, autour du thème “les activités de secours et humanitaires en situation de désastre”, s’est conclu le 25 août, soit cinq jours avant le référendum. Les leçons de cette coopération devaient être rapidement mises en oeuvre…

Quelques mois auparavant, après le massacre de dizaines de réfugiés qui avaient trouvé un abri dans l’église de Liquica, l’amiral Dennis Blair, commandant américain de l’escadre du Pacifique, assura le commandant en chef des forces indonésiennes et ministre de la défense, le général Wiranto, de l’appui et de l’aide des États-Unis, lui proposant même une nouvelle mission d’entraînement.

Le bilan de la coopération est d’ailleurs impressionnant. Washington a vendu plus de 1 milliard de dollars d’armements à l’Indonésie depuis 1975. L’administration Clinton a accordé à ce pays pour 150 millions de dollars d’aide militaire et le Pentagone a poursuivi, jusqu’en 1997, l’entraînement des bataillons d’élite Kopassus, en violation de l’esprit de textes adoptés par le Congrès. A la lumière de ce bilan, le gouvernement américain a salué “la valeur des années de formation aux États-Unis des futurs dirigeants militaires de l’Indonésie, ainsi que les millions de dollars d’aide militaire accordés à ce pays.”

Les raisons de ce bilan infamant ont parfois été reconnues. Durant les récents massacres, un important diplomate en poste à Djakarta décrivait en une phrase le “dilemme” des grandes puissances: “L’Indonésie compte et le Timor-Oriental ne compte pas.” Il était donc normal que les États-Unis se contentent de simples gesticulations de désapprobation tout en insistant: la sécurité interne au Timor-Oriental “relève de la responsabilité du gouvernement indonésien et nous ne voulons pas la lui retirer”. Cette position officielle, réaffirmée quelques jours avant le référendum, fut réitérée et maintenue alors même qu’étaient confirmées les prévisions les plus épouvantables sur la manière dont était assumée cette responsabilité.

Deux spécialistes américains de l’Asie ont expliqué le raisonnement des diplomates haut placés dans le New York Times. L’administration Clinton, commentent-ils, “a fait le calcul que les États-Unis doivent mettre leurs relations avec l’Indonésie, une nation riche en matières premières et qui compte plus de 200 millions d’habitants, au-dessus de leurs préoccupations pour le destin politique de Timor, un territoire réduit et pauvre de 800 000 personnes en quête d’indépendance.”

Résumé brutal des élites à Washington: “Nous n’avons pas de chien dans la course du Timor-Oriental.” Ce qui s’y passe n’est donc pas nos affaires. Pourtant, après d’intenses pressions australiennes, le calcul a dû être modifié. Un officiel s’en est expliqué: “Nous avons un important chien en compétition appelé Australie et nous devons l’appuyer. Les survivants des massacres dans un territoire réduit et pauvre, eux, ne sont même pas “un petit chien” dans la course.

Ces principes de la politique américaine ont été exprimés dès 1978, moins de deux ans après l’invasion du Timor-Oriental condamnée par le Conseil de sécurité, par M. Daniel Patrick Moynihan, ambassadeur américain aux Nations unies, dans ses Mémoires. Ses propos devraient rester gravés dans le souvenir de tous ceux qui s’intéressent sérieusement aux affaires internationales, aux droits humains et à la légalité. “Les États- Unis souhaitaient que les choses se déroulent comme elles se sont déroulées et ils ont travaillé en ce sens (…). Le département d’État désirait que les Nations unies se révèlent complètement inefficaces dans les mesures qu’elles prendraient. C’était la tâche qui m’a été assignée et que j’ai accomplie avec un succès non négligeable.”

Le succès fut effectivement considérable. M. Daniel Patrick Moynihan cite des rapports faisant état de 60 000 morts: “10% de la population, un pourcentage presque équivalent à celui des pertes soviétiques durant la seconde guerre mondiale.” Autre signe de succès, dans l’année qui suivit, le sujet disparut de la presse. Cet escamotage persista alors que s’intensifiaient les attaques des troupes d’occupation. Les atrocités atteignirent leur paroxysme en 1977-1978, alors que M. Moynihan écrivait ses Mémoires. Utilisant des nouvelles livraisons de matériel militaire par l’administration Carter – celle-là même qui se réclamait des droits humains -, les militaires indonésiens menèrent des attaques foudroyantes contre les centaines de milliers de civils qui s’étaient réfugiés dans la montagne. Des sources crédibles de l’Eglise catholique firent état de 200 000 morts, chiffre qui fut longtemps contesté mais qui est désormais accepté. Alors que les massacres frôlaient le génocide, le Royaume-Uni et la France, mais aussi d’autres puissances, accordèrent aussi leur soutien diplomatique à Djakarta, à qui elles fournirent même des armes.

L’année 1999 s’était ouverte sur un espoir. Le président indonésien par intérim, M. Jusuf Habibie, avait accepté un référendum donnant le choix au peuple du Timor-Oriental entre l’incorporation dans l’Indonésie (“autonomie”) et l’indépendance. Pour éviter que la population ne choisisse celle-ci, l’armée utilisa la terreur et l’intimidation: de 3 000 à 5 000 personnes furent tuées dans les mois qui précédèrent le scrutin (14), un chiffre bien supérieur à celui qu’avançait l’OTAN pour le Kosovo pour l’année qui précéda ses bombardements (2 000 morts).

Après le vote massif en faveur de l’indépendance, l’armée réduisit le pays en cendres. En deux semaines, environ 10 000 personnes furent tuées, selon l’évêque Ximenes Belo, Prix Nobel de la paix, qui dut lui-même fuir sous une grêle de balles, sa maison ayant été brûlée et les réfugiés qui s’y trouvaient conduits vers une destination inconnue.

Le but de l’armée, connu des services de renseignement occidentaux, était “simplement (…) de détruire une nation”. L’armée recruta des milliers de Timorais de l’Ouest et fit venir des forces de Java ainsi que des unités de ses redoutables forces spéciales Kopassus et le général Makarim, un spécialiste indonésien du renseignement formé aux États-Unis, connaissant le terrain et qui avait “une réputation de violence impitoyable”.

Terreur et destruction ont commencé tôt dans l’année. Elles ont été attribuées, en Occident, à des “éléments incontrôlés”. Pourtant, il y a de bonnes raisons de croire l’évêque Belo, qui en attribue la responsabilité directe au général Wiranto (17). Les milices ont été “gérées” par les forces spéciales Kopassus, qui avaient été, selon le journaliste vétéran de l’Asie David Jenkins, “entraînées régulièrement avec des forces américaines et australiennes, jusqu’à ce que leur comportement devienne embarrassant pour leur amis étrangers.”

Ces forces ont adopté les tactiques du programme américain Phoenix durant la guerre du Vietnam, qui aboutit à la mort de dizaines de milliers de paysans et de nombreux cadres sud-vietnamiens. David Jenkins comparait leur politique à celle de la Contra, au Nicaragua. Les terroristes armés par l’Indonésie “ne poursuivaient pas seulement les éléments les plus radicaux favorables à l’indépendance, mais aussi les modérés et les gens qui avaient une influence dans leur communauté”.

Bien avant le référendum, le colonel Tono Suratman, qui commandait les troupes indonésiennes à Dili, avait prévenu: “Si les forces favorables à l’indépendance l’emportent (…), tout sera détruit (…). Ce sera pire qu’il y a vingt-trois ans. “Et un document de l’armée du mois de mai 1999, rédigé au moment où Djakarta donnait son accord pour le référendum, ordonnait: “Des massacres devraient être commis de village en village si les partisans de l’indépendance l’emportaient.” Le mouvement indépendantiste “devrait être éliminé du sommet à la base “. Tout cela était connu des “amis étrangers” de l’Indonésie, qui savaient comment mettre un terme à la terreur. Mais ils ont préféré s’en tenir à une attitude ambiguë que les militaires indonésiens ont pu interpréter comme un “feu vert” pour leur sale besogne.

Cette sordide histoire ne se comprend que dans le cadre des relations américano-indonésiennes de l’après-guerre. Les ressources de l’archipel et son emplacement stratégique expliquent les tentatives américaines, il y a quarante ans de cela, pour venir à bout d’une politique jugée trop indépendante et qui encourageait la participation des paysans pauvres. D’où le soutien au régime d’assassins et de tortionnaires issu du coup d’État de 1965. Washington se réjouissait de l’appui ainsi apporté aux guerres américaines en Indochine et du souci des nouveaux dirigeants d’éviter que l’Indonésie ne soit “infectée”, selon la terminologie de M. Henry Kissinger, par le “virus” du nationalisme indépendant.

Il est désormais nécessaire de mettre de côté la mythologie et de faire face aux causes et aux conséquences des actions occidentales, et pas seulement au Timor-Oriental. Dans ce coin torturé de la planète, il reste du temps, un tout petit peu de temps, pour éviter une conclusion dramatique de l’une des tragédies les plus épouvantables de ce terrible siècle qui s’achève.

En décembre 1975, le Conseil de sécurité des Nations unies ordonna, à l’unanimité, que l’Indonésie retire” immédiatement» ses forces d’invasion du Timor-Oriental et apelle tous les États à respecter son intégrité territoriale, ainsi que son” droit inaliénable à l’autodétermination ». Les États-Unis réagisent en augmentant (secrètement) leurs livraisons d’armes à l’agresseur indonésien. Carter poursuit dans cette voie, en 1978, alors que l’agression indonésienne tourne au génocide.

Dans ses Mémoires, l’ambassadeur américain auprès des Nations unies, Daniel Patrick Moynihan, se félicite d’avoir rendu les démarches de l’ONU” parfaitement inefficaces quelles que soient les initiatives qu’elIe envisageât “. Ce faisant, il obéissait aux directives du Département d’État, qui souhaitait que les événements tournent exactement comme ils ont tourné et travaillait activement en ce sens.» Durant trente-cinq ans les relations entre Washington et Djakarta se sont poursuivies, de l’entraînement des troupes à une aide militaire intense, en passant par des manoeuvres communes. Le bilan de la coopération est d’ailleurs impressionnant. Washington a vendu plus de 1 milliard de dollars d’armements à l’Indonésie depuis 1975. L’administration Clinton a accordé à ce pays pour 150 millions de dollars d’aide militaire et le Pentagone a poursuivi, jusqu’en 1997, l’entraînement des bataillons d’élite Kopassus (voir article de Romain Bertrand, page 23), en violation de l’esprit de textes adoptés par le Congrès. A la lumière de ce bilan, le gouvernement américain a salué “la valeur des années de formation aux États-Unis des futurs dirigeants militaires de l’Indonésie, ainsi que les millions de dollars d’aide militaire accordés à ce pays.”. Alors même que les troupes indonésiennes et leurs supplétifs brûlaient Dili, (1999) massacrant et pillant avec une intensité accrue, le Pentagone annonçait: “Un exercice d’entraînement américano-indonésien, autour du thème “les activités de secours et humanitaires en situation de désastre”, s’est conclu le 25 août”, soit cinq jours avant le référendum. Les leçons de cette coopération devaient être rapidement mises en oeuvre.

Sous le régime de Suharto, l’indépendance était hors de question, et les Timorais étaient la cible d’une répression qui prit la forme d’un massacre, presque d’un génocide. En effet, c’est environ 200 000 Timorais qui ont été tués ou déportés dans des camps où les conditions de vies sont inhumaines (torture, famines organisées, exécutions, etc.) en vingt-cinq ans, soit environ le quart de la population. Suite à la chute de Suharto, le nouveau gouvernement semblait plus enclin à discuter du sort du Timor-Oriental, et le trente août 1999, un référendum sur son indépendance est organisé. Cependant, l’armée indonésienne, entraînée auparavant avec le concours des États-Unis, se tient prête. Bravant l’armée, la majorité des Timorais se présente tout de même pour le vote, et l’indépendance est votée à 80%. Suite au référendum, l’armée déferle dans les villes et villages, brûlant et saccageant tout sur son passage, et faisant environ 10 000 morts.

En décembre 1975, l’Indonésie envahi ce territoire. Elle le fait avec la complicité diplomatique des États-Unis et aussi avec leurs armes – utilisées illégalement, mais avec une autorisation secrète de Washington; certaines parvenaient même sur place en dépit d’un “embargo” officiel. Ni bombardements ni même sanctions n’étaient nécessaires pour arrêter les massacres: il aurait suffi que Washington et ses alliés suspendent leur participation active à cette politique et informent leurs associés au sein du commandement militaire indonésien que les atrocités devaient cesser et que le territoire devait pouvoir exercer son droit à l’autodétermination – reconnu par les Nations unies et la Cour internationale de La Haye. On ne refait pas le passé, mais nous devrions au moins reconnaître nos torts et affronter notre responsabilité morale, pour sauver ce qui peut l’être encore et offrir d’amples compensations aux victimes. Un tel geste n’effacera pas, bien sûr, de si terribles crimes.

Parallèlement, les États-Unis sont incités à déclarer un embargo de six mois sur la vente de bombes à cause de la nature des atrocités commises, mais ils augmentent dans le même temps secrètement leurs livraisons d’armes.

En 1978, au moment où les atrocités atteignent réellement le niveau d’un génocide, la Grande-Bretagne et la France se joignent aux États-Unis, avec armes et soutien diplomatique. Le ministre français des Affaires étrangères se rend à Djakarta et assure au gouvernement indonésien que la France lui offrirait son aide militaire et le soutiendrait face aux critiques dans les forums internationaux. Un an plus tard, l’Australie est le seul pays à reconnaître de jure l’annexion du Timor oriental. Peu après, elle entame des négociations avec l’Indonésie en vue de régler la question de l’exploitation des champs de pétrole du Timor oriental.

En 1989, un traité est signé. En 1991, un grand massacre a lieu à Santa Cruz ,en 1991, comparable dans sa gravité à beaucoup d’autres perpétrés auparavant, mais il a la particularité d’être commis en présence de visiteurs et de journalistes étrangers et, surtout, d’être en partie filmé par l’un d’entre eux. Les images de cette tuerie provoquent l’indignation. Plusieurs gouvernements se trouvent alors dans l’obligation de réagir.

Djakarta a l’impudence de qualifier ce massacre de “lamentable incident” et admet seulement dix-neuf morts. Mais la Commission des droits de l’homme de l’ONU exige du gouvernement indonésien qu’il s’explique sur les divergences avec les autres sources d’information sur ces événements. Pour la forme, il promet de fournir des informations sur le nombre de personnes tuées et disparues, mais n’honore pas sa promesse. Les Indonésiens commettent l’erreur de quasiment tuer deux journalistes américains, et cela attire quelque peu l’attention. Mais quelques semaines plus tard, les compagnies pétrolières commencent à exploiter le pétrole du Timor, comme le prévoyait le traité australo indonésien.

L’année 1999 s’ouvre sur un espoir. Le président indonésien par intérim, M. Jusuf Habibie, accepte un référendum donnant le choix au peuple du Timor-Oriental entre l’incorporation dans l’Indonésie (“autonomie”) et l’indépendance. Pour éviter que la population ne choisisse celle-ci, l’armée utilise la terreur et l’intimidation: de 3 000 à 5 000 personnes sont tuées dans les mois qui précédent le scrutin, un chiffre bien supérieur à celui qu’avançait l’OTAN pour le Kosovo pour l’année qui précéda ses bombardements (2 000 morts).

Après le vote massif en faveur de l’indépendance, l’armée réduit le pays en cendres. En deux semaines, environ 10 000 personnes sont tuées, selon l’évêque Ximenes Belo, Prix Nobel de la paix, qui doit lui-même fuir sous une grêle de balles, sa maison ayant été brûlée et les réfugiés conduits vers une destination inconnue . Aussi, en 1996, le prix Nobel de la paix est accordé au Timorais José Ramos-Horta. Lors d’un discours dans une église de Brooklyn, quelques jours avant de se voir accorder ce prix, il racontait: «A l’été 1977 j’étais ici à New York lorsque j’ai reçu un message m’apprenant que l’une de mes sœurs, Maria, âgée de vingt et un ans, avait été victime d’un bombardement. L’avion, de type Branco, avait été fourni aux Indonésiens par les États-Unis. [.,.] Quelques mois plus tard, une autre dépêche m’apprenait que mon frère, Guy, dix-sept ans, avait été assassiné en même temps que d’autres personnes de son village au cours d’une attaque d’hélicoptères de type Bell fournis par les États-Unis. La même année, un autre de mes frères, Nunu, fut capturé et exécuté avec  un M-16 de fabrication américaine. ”

On a pu savoir, d’après des services de renseignement occidentaux, que le but de l’armée était “simplement (…) de détruire une nation”. L’armée recruta des milliers de Timorais de l’Ouest et fit venir des forces de Java ainsi que des unités de ses redoutables forces spéciales Kopassus et le général Makarim, un spécialiste indonésien du renseignement formé aux États-Unis, connaissant le terrain et qui avait “une réputation de violence impitoyable “.

Finalement, lors de la dernière année de l’administration Clinton, après qu’un soulèvement de la population timoraise eut provoqué la tenue d’un référendum en faveur de l’indépendance, l’aide militaire américaine à l’Indonésie cessa et le régime de Suharto s’effondra. Le Timor-Oriental semblait pouvoir enfin jouir de l’autonomie. Il est devenu un État reconnu par les Nations unies en mai 2002..

A lire : “Timor-Oriental, vingt ans d’occupation, vingt ans de résistance “, numéro spécial, disponible avec le n° 71-72 du bulletin Timor Informations, septembre 1996, BP 59, 75921 Paris Cedex 19.

Timor Est, le génocide oublié. Gabriel Defert, l’Harmattan, 1992 Paris

– Timor-Oriental : le combat d’un peuple,  Paule Bouvier et Kerstine Vanderput. L’Harmattan, 2001, Paris.

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