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Marie Curie, 1867 – 1934

11 febrero, 2013

Curie

Le 8 janvier1922, Marie Curie est élue membre de l’Académie Française. Elle devient ainsi la première femme admise. Elle avait déjà obtenu deux fois le prix Nobel : de physique en 1903, et de chimie en 1911.

Il est difficile avec Marie Curie de ne pas se laisser aller à l’image d’Epinal: petite Polonaise sans le sou, née vingt-quatre ans plus tôt à Varsovie, fille d’un modeste professeur de chimie et de mathématiques, elle quitte sa famille et son pays et débarque à Paris un matin de l’hiver 1891. Marie rêvait de Paris et de travailler à la Sorbonne, voulant tout apprendre, tout savoir, tout découvrir des secrets de la matière. Ses moyens : la mémoire, le pouvoir de concentration, le talent des mathématiques, et par-dessus tout, la certitude de sa propre valeur.

Mais les choses étant ce qu’elles étaient, Marie Curie n’aurait jamais dû réussir dans ses entreprises. Un: en Pologne les filles n’avaient pas accès à l’université. Deux: Josef Sklodowski était trop pauvre pour payer ses études à elle et à sa sœur Bronia à Paris. Mais les deux sœurs concluent un pacte: Marie s’engage comme gouvernante d’enfants chez les riches, et y resterais quatre ans pour financer les études de sa sœur. Et vice-versa.

Enfumée et glaciale, la grande verrière de la gare du Nord devient pour cette jolie blonde aux yeux gris le premier signe de sa liberté. Dans les amphis de la Sorbonne, elle travaille jusqu’à l’épuisement. Dans sa mansarde elle apprend le français, rattrape le temps perdu et décroche deux licences : maths et physique! Ses recherches lui imposent le choix d’un sujet pour sa thèse de doctorat. Ce sera l’étude des rayons uraniques, sur lesquels elle travaillera avec le physicien Pierre Curie, déjà reconnu, qu’elle épousera en 1895. Marie Sklodowska, qui ne perdra ni sa douceur grave et distante, ni son accent qui roule délicieusement les « r », ne pouvait que le séduire. Ignorant lui aussi les conformismes, idéaliste et timide, ils formeront un couple habité par le même goût du travail, de la discrétion et une sorte de détachement à l’égard du confort et de l’argent.

C’est dans le hangar de l’École de physique et de chimie qu’ils répètent inlassablement les mênes opérations : prélever une vingtaine de kilos de résidus d’un minerai, la pechblende (une tonne cédée par le gouvernement autrichien), la piler, la faire bouillir, la filtrer, la cristalliser… Au bout de leurs efforts, ils parviennent en 1898à isoler le polonium et le radium. Résultat d’une formidable intuition el d’un travail acharné, leur découverte trouve des applications en chimie, en biologie et en médecine (rayons X, chirurgie), ouvrant la voie à la physique nucléaire actuelle.

On ne peut imaginer ce que fut la gloire internationale de Marie, bientôt multipliée par le prix Nobel de physique, qu’elle partage en 1903 avec Henri Becquerel et son époux. Fait unique dans l’histoire, elle obtient un deuxième prix Nobel, celui de chimie, en 1911 Elle sera également la première mère nobélisée à « transmettre » cette récompense puisque Irène, l’une de ses filles, recevra en 1935 le prix Nobel, de chimie aussi, en compagnie de son époux Frédéric Joliot. Avant de mourir en 1934, Marie aura la joie de voir Irène et son mari, découvrir ensemble la radioactivité artificielle. Elle a passé le flambeau.

Sources : François Giroud, Une femme honorable. Editions Fayard.

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