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Francesco Pétrarque (1304-1374) en France

23 marzo, 2013
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Francesco-PetrarcaCe sont ses démêlées avec la faction des Guelfes qui pousse la famille Pétrarque à fuir Florence; le père, attaché au parti gibelin, ami de Dante, dut quitter Arezzo pour s’installer à Pise lorsque Francesco avait un an ; il en avait environ dix lorsqu’il est emmené par son père dans le comtat d’Avignon, où Clément V vient de transférer la cour pontificale. Après avoir terminé ses premières études, Francesco passe quatre années à l’université de Montpellier qui ne furent pas consacrées à la jurisprudence; son père, courroucé de la préférence qu’il donnait à Cicéron et à Tite-Live, jeta aux flammes ses livres chéris, et envoya le lecteur suivre à Bologne les leçons du canoniste Jean d’Andrea.

Par suite à des difficultés de logement, la famille s’établit dans la ville voisine de Carpentras, où le jeune François entreprend des études de grammaire, de rhétorique et de la dialectique sous la direction du maître florentin Convenevole da Prato. À l’université de Bologne, en compagnie de son frère Gherardo, il poursuit de mauvaise grâce ses études juridiques jusqu’en 1326, année de la mort de son père : il abandonne alors le droit et goûte à la vie raffinée de la cour, où la profondeur de sa culture et l’excellence de ses premières œuvres poétiques l’imposent à l’admiration générale.

En 1318 ou 1319, à l’occasion de la mort de sa mère, il écrit les premiers vers qui nous restent de lui; de la même époque datent peut-être ses premières dissertations sur des auteurs latins. Le 6 avril 1327 en l’église de Sainte-Claire à Avignon, Pétrarque tombe sous le charme d’une jeune fille ; il s’ensuit une passion platonique qui va inspirer sa poésie sa vie durant. Il l’aima vingt ans, jusqu’au jour où il apprit qu’elle avait succombé à la peste, et ne cessa de la regretter durant vingt-six ans qu’il lui survécut. Ce sont les poésies qu’il fit sur elle, avant et après sa mort, qui composent le célèbre Canzoniere.

Tout un courant de pensée marqué par le positivisme s’est obstiné à donner un nom et un visage à la muse. On a tour à tour évoqué Laure de Noves, épouse de Hugues de Sade, Laure de Sabran, Laure de Chiabau, Laure Colonna… Il semble vain de rechercher l’identité d’un être que Pétrarque, si bavard sur tant de détails de sa vie, tait avec une remarquable obstination, comme si son état civil et sa condition importaient peu: Laure ne vit que dans ses rimes et par ses rimes, elle est création du poète, même s’il n’est pas permis de douter qu’à l’origine il y eut une créature de chair et de sang que Pétrarque a vraiment connue.

L’amour qu’il portait à Laure ne l’empêcha pas de voyager beaucoup. Obéissant à une sorte de fatalité de l’exil, Pétrarque changeait sans cesse de séjour, au point d’étonner ses amis. La retraite de Vaucluse, soit pour la proximité d’Avignon soit à cause du charme que cette contrée exercait sur lui depuis son enfance, trouva seule grâce à ses yeux. Il visite Toulouse, demeure en Gascogne, visite Paris et sa fameuse université, qu’il compare à un panier où sont ramassés les fruits les plus rares de tous les pays.

C’est dans le Vaucluse qu’en 1340 lui parvient, à la fois de Paris et de Rome, l’invitation à recevoir la couronne de poète qu’il avait sollicitée, certes par ambition, mais aussi pour célébrer son retour aux études littéraires et à la poésie. C’est pourquoi il accorde la préférence au Capitole sur la Sorbonne. C’est là que, le 8 avril 1341, il reçoit les lauriers qu’il va déposer en un geste symbolique sur la tombe de saint Pierre.

Ce qu’on désigne comme la crise de Pétrarque suit de peu cet événement : il s’engage vers une voie plus recueillie et même ascétique. Il paraît excessif de parler de conversion, alors que tant de vers, parmi les plus anciens, portent la trace de ses angoisses morales et religieuses. Le tourment intérieur qui s’aggrave au cours des années – peut-être en partie à la suite de la décision de son frère, compagnon joyeux de ses anciennes débauches, de se retirer à la chartreuse de Montrieux (en Provence) – se réduit au fond à une lutte entre une foi religieuse sincère et l’impossibilité de refuser les séductions et les honneurs terrestres.

Sources : La postérité répond à Pétrarque. Actes du colloque tenu à l’Hôtel de Sade et à l’Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse les 22, 23, 24 janvier 2004  Edité par Eve Duperray.
Pétrarque, Sonnets. Editeur: Edition D’art Sefer
Pétrarque : Lettre de la vieillese Les Belles Lettres.

Ramón Chao: Ces métèques qui ont fait la France (inédito)

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