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Georges (Yussef) Moustaki ( 1934 -2013 )

23 mayo, 2013

Nous apprenons la mort de Georges Moustaki à la suite de déficiences respiratoires. Ainsi disparait l’ami des tous les espagnols antifascistes réfugiés en France.

Yussef Mustacchi vient de l’île de Corfou, où de nombreuses communautés se côtoient. Ses parents étaient grecs et libraires dans la cité, mais parlaient italien à la maison (la légende veut que ce soit à cause d’une tante que tout le monde croyait sourde et muette jusqu’à ce qu’elle se mette miraculeusement à parler après avoir entendu de l’italien ; pour qu’elle ne retombe dans le mutisme, tout le monde se mit à parler italien…) Dans la rue, les enfants s’entendent en arabe. Ses parents l’inscrivent dans une institution scolaire française où le jeune Joseph, puisqu’on l’appelle ainsi, apprend le français. Il en va de même pour ses deux sœurs. Le jeune garçon écoute Charles Trenet, Tino Rossi ou Edith Piaf. Comme il joue un peu de piano, il s’amuse à reprendre leur répertoire.

Pour récompenser son bac, ses parents lui offrent des voyages en France. «  La première fois, j’avais 13 ans et l’étonnement des petits garçons de Paris m’étonnait : ils ne savaient pas où était l’Egypte, et s’imaginaient que des lions déambulaient dans les rues des villes de là-bas. » Lui, il trouvait sa civilisation bien plus raffinée que celle de ce pays en ruines d’après-guerre, mais s’éblouissait de ce qu’on y voyait la neige, la verdure, du relief.
A 17 ans, il quitte sa lumineuse enfance alexandrine pour s’installer à Paris. Ce sera Saint-Germain-des-Prés, les cabarets, les amours et les amis : Léo Ferré, Gainsbourg au piano sauf quand Michèle Arnaud venait chanter au Milord l’Arsouille avec son propre accompagnateur. Gainsbourg alors se mettait à la guitare. Mon ambition, quand j’étais ambitieux — ça a peu duré — c’était d’écrire pour les autres des chansons dont ils feraient des succès, et puis après je les chanterais aussi,  parce qu’elles seraient connues, et personne ne ferait attention à ma voix… finalement, c’est ce qui s’est passé.

Il essaie de gagner sa vie en faisant du porte-à-porte pour vendre des recueils de poésie. Dans ses moments de loisir, il gratte un peu la guitare que sa mère lui a envoyée. Il se rend aussi dans les cabarets, aux Trois Baudets par exemple, où il entend Georges Brassens, alors débutant. C’est le choc. Par un heureux concours de circonstances, il le rencontre quelques temps plus tard dans la boutique de son beau-frère. Il lui montre les quelques chansons qu’il a écrites et Brassens l’incite à continuer.

Fort de cet encouragement et à court de ressources, le jeune homme qui a décidé de transformer son nom en Georges Moustaki (Georges, en hommage au maître), pousse la porte de quelques cabarets comme chanteur occasionnel et vivant surtout des chroniques qu’il écrit pour un journal égyptien. Il peut donc se marier et avoir une fille, prénommée Pia, alors qu’il n’est âgé que de vingt ans. Mais la vie de famille est difficile pour cet artiste-débutant qui hésite à ce moment-là entre la musique et la peinture. En cette année 1954, il rencontre Henri Salvador à qui il propose des chansons.

C’est le guitariste Henri Crolla dont Georges Moustaki est un fervent admirateur, qui en 1958 présente le jeune auteur-compositeur à Edith Piaf. De cette rencontre va naître une liaison, et Piaf va lui demander de lui fournir des textes. La plus belle réussite est sans doute “Milord” dont la musique est signée Marguerite Monnot. Pendant une année entière, le jeune homme suit la chanteuse dans ses tournées. Leur relation est tumultueuse et se termine brutalement.

Après cette année intense, Georges Moustaki se met un peu en retrait, étudie la musique et apprend la guitare classique. Mais il ne se positionne pas vraiment comme un interprète. Il propose pourtant en 1966 la maquette du titre “Le Métèque”. Sa maison de disques n’y trouve aucun intérêt et lui rend son contrat.

C’est le temps où Moustaki renoue avec ses origines. Il se rend pour la première fois en Grèce en 1966 et visite plusieurs régions, croise Mélina Mercouri et se lie d’amitié avec elle. Plus tard, Mélina fera traduire “Le Métèque” et “En Méditerranée” et les interprètera comme autant d’hymnes de résistance face à la dictature des colonels.

En 1966, il rencontre aussi Serge Reggiani. L’acteur veut commencer une carrière de chanteur et convainc Moustaki de lui écrire des paroles. C’est ainsi que naissent “Sarah”, “Votre fille a vingt ans”, “Ma liberté” et “Ma solitude”. Aussi il écrit pour Barbara “la Longue dame brune”, un des plus beaux titres de son répertoire, qu’ils interprètent en duo tout au long de la tournée de la chanteuse en 1968. Alors qu’un récital doit avoir lieu à Mulhouse, Barbara est prise d’un malaise et ne peut entrer en scène. Moustaki la remplace au pied levé et 1969 sera l’année décisive qui le révèle au grand public. Son succès lui permet de faire dans la foulée un 33 tour, couronné l’année suivante par le Prix de l’Académie Charles-Cros.

Sources : Georges Moustaki, Questions à la chanson. Stock, Paris 1973.

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  1. luna7033 permalink
    23 mayo, 2013 13:23

    Ramon:

    Muchas gracias porque siempre me llegan sus boletines;peronunca una respuesta de la carta que le escribi. Estoy intentado de localizar su hijo, para que vea nuestra pagina pero el tampoco me contesto ni siquiera para decirme que no le interesa

    Ana Fernanda

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