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Alain Mimoun (1921-2013)

3 julio, 2013

Alain Mimoun

Ali Mimoun O’ Kacha — il n’adopta le prénom Alain qu’en 1946 — est né au Telagh, agglomération berbère située au sud d’Oran. Elevé avec la nourriture traditionnelle, faite en grande partie de laitage et légumes, le jeune garçon ne se distingue par un calibre de futur athlète, mais il peut passer pour solide.

En 1940 – il a 19 ans, étant allé habiter à Alger, il débute en course à pied, démontrant aussitôt d’indéniables aptitudes, mais à cette époque on pensait à autre chose ; autre chose était la guerre, que jeune Ali endure au 3° régiment de tirailleurs avec 134 000 “indigènes” Algériens plus 73 000 Marocains, 26 000 Tunisiens et 92 000 ressortissants des pays d’Afrique noire : plus de la moitié de l’armée de terre française en 1944. Démobilisé l’année suivante, il rentre à Alger avec la croix de guerre, quatre citations et une blessure au pied ramassée au siège de Cassino dans une opération de déminage.

Guéri, la douleur ne l’empêche pas de refaire du sport. Surtout qu’il faut vivre ; ne trouvant pas de travail en Afrique, il décide de reprendre la longue course qu’il n’avait fait qu’entrapercevoir avant le début des hostilités, en allant tenter sa chance dans la métropole.

Il a 25 ans quand il se fixe à Paris et commence à trotter dans le Racing Club de France, qui lui offre un emploi au restaurant de la Croix-Catalan. Il progresse au contact de Fujazon, grosse vedette des bleu-et-blanc, et ce d’autant plus aisément qu’il a toutes facilités pour s’entraîner en devenant moniteur-démonstrateur appointé à l’I.N.S.  Deux ans plus tard, à la surprise générale Il termine à la deuxième place aux Jeux Olympiques de Londres.

En 1947 il enlève son premier titre de champion de France au5.000 mètres, Fujazon ayant abandonné à la suite d’une chute. Son adversaire ne lui pardonnera jamais de l’avoir « coiffé ». Il le lui reprocha d’abord en termes véhéments ; quelques mois après, profondément vexé, il abandonne la compétition.

C’est également au cours de cette année que Mimoun fut pour la première fois international et  rencontra Zatopek, sa « bête noire » de toujours. Là commence « l’ère Mimoun ». A la faveur d’un voyage en Suède, il découvre puis fait siennes les méthodes nordiques d’entraînement, basées sur les longues séances de footing quotidien. Cela lui permet d’améliorer ses « chronos » de façon considérable, battant le record de France du 10.000 mètresen 29′ 53″, puis en 29′ 38″ 2. En 1951, il s’attribue le 5.000 et le 10.000 des Jeux méditerranéens.

Sa dernière rencontre avec Zatopek donna lieu à l’émouvante bataille dont on n’a pas oublié les péripéties. Lâché au début d’une trentaine de mètres, le Tchèque parvient à rejoindre les trois concurrents qui pouvaient prétendre à la victoire : l’Allemand Schade, l’Anglais Hathaway et Alain Mimoun. Celui-ci paraissait plus frais que ses rivaux. Les supporters français le « voyaient » gagnant. Peut-être commit-il une faute de tactique en ne démarrant pas à temps ? Peut-être laissa-t-il passer l’occasion d’enlever le titre olympique ?… Toujours est-il que Hathaway s’écroule dans le dernier virage, que Schade faiblit, que Mimoun attaque trop tard et, que surgissant de l’arrière, Zatopek déborde tout le monde à l’extérieur pour gagner de peu devant Mimoun, lequel aura au moins la consolation de porter le record de France à 14′ 7″ 4.

A vrai dire, la plus grosse déception de sa carrière ne fut peut-être pas causée par son échec, car une défaite aussi glorieuse équivaut à bien des succès. Nous croyons plutôt qu’elle se situe au cross du Bois de Boulogne, quand on donna le départ sans l’attendre- il était accaparé par des chasseurs d’autographes -. Avec un handicap de plusieurs minutes, il s’élance rageusement, il passe un à un tous les groupes de concurrents, mais ne peut rejoindre Abdallah. Cependant, en 1956, il réussira à prendre sa revanche sur Zatopek.

C’était l’année du «Mimoun grand cru » et même cordon rouge, avec attribution de la rosette – à titre militaire il est vrai. Des médailles olympiques à la Légion d’honneur, il glane tous les rubans et récompenses qu’on pourrait imaginer. Mais la plus belle, il l’arrache dans le marathon de Melbourne en 1956, quand il porte la torche française à la victoire. Sur la plus haute marche du podium, gratifié par la Marseillaise, son jour de gloire est arrivé.

Lui, cependant, ne veut pas raccrocher ; au contraire, il continue d’imposer sa petite silhouette en tête des courses. Quatre fois son nom s’inscrit au palmarès du Cross des nations. Trente-deux fois il remporte le titre de champion de France, arborant la grimace de volonté sous la petite moustache qui a fait dire si souvent : « Mimoun est un coureur qui aime souffrir. »

Il vivrait actuellement à Bugeat (Corrèze) où il serait Président d’honneur du centre sportif municipal. Le stade de la commune porte d’ailleurs son nom.

Source : Raymond Pointu, Les Marathons olympiques, Paris, Calmann-Lévy, 2004, p.94-106.

Del libro inédito « Ces métèques qui ont fair la France » (Ramon Chao-Ignacio Ramonet) 

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