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Confiteor, de Jaume Cabré

15 octubre, 2013

Confiteor

Confiteor, traduit du catalan par Edmond Raillard | Ed. Actes Sud | 770 p., 26 €.

Avant de partir définitivement en maison de repos, Adrià Ardevol, professeur sexagénaire atteint de la maladie d’Alzheimer, offre à son meilleur ami le manuscrit relatant les souvenirs de sa vie. Son père, autrefois séminariste, et sa mère, qui lui impose la pratique du violon, Adrià Ardevol doit devenir un grand virtuose, sans savoir si cela fait son bonheur ou non.

Le titre du roman nous renvoie à une prière liturgique qui signifie « j’avoue, je confesse ». Il faut savoir que le personnage d’Adrià, comme l’a voulu son père après avoir quitté les ordres, est athée ; donc, il ne demande pas pardon à Dieu, mais à Sara, la femme de sa vie : pardon pour les péchés de sa famille, pour ceux de ces ancêtres, pour ces coups du sort qui ont fissuré leur vie ensemble ou séparés…

C’est un bouquin de quelques 700 pages très difficiles à lire, de style décousu, qui fait passer le lecteur d’une histoire à une autre sans transition aucune – parfois dans la même phrase au seul détour d’une virgule -, capable de nous faire sauter de siècles sans un signe de ponctuation. Et à travers ces embuches, Adrià déploie l’histoire européenne de l’Inquisition à la Seconde Guerre Mondiale, des monastères d’Europe au camp de Birkenau, des bois mythiques des pays cathares aux luthiers de Crémone, des ramblas de Barcelone aux vias de Rome, revenant toujours aux racines du mal qui la hantent.

J’ai dû relire les premières lignes pour être sûr qu’il ne s’agissait par d’erreurs typographiques. Non, c’était bien un style voulu. Je me suis plié alors  à son jeu aléatoire ou aucune chronologie n’est valable, de même que la  syntaxe, qui essaye de suivre le fil de sa pensée.  On finit par comprend que celui-ci écrit ce récit alors que la maladie commence déjà à ronger ses cellules. Cette trouvaille inattendue, qui n’est ni maladroite ni vraiment gênante, juste incroyable et novatrice, nous enfonce encore plus dans les souvenirs d’Adrià, dans ses méandres, ses délires, et l’histoire. On remercie Edmond Raillard pour sa traduction, réussie grâce à ses connaissances linguistiques, mais aussi de l’esprit catalan.

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